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À la sortie de la salle d’audience du tribunal de Paris, la déception se lit sur les visages des anciens livreurs sans papiers de Frichti et de leurs soutiens syndicaux. Le procès devant se tenir en novembre 2025 a été reporté à septembre 2026, l’un des avocats des accusés étant malade. « On ne s’attendait pas à ça, encore un an, c’est très long car on espérait avoir gain de cause ces prochaines semaines. C’est très difficile à vivre, mais on n’a pas le choix », explique l’un des travailleurs.
Julia Bijaoui et Quentin Vacher, respectivement ex-présidente et ex-directeur général de la société de livraison à domicile Frichti, doivent être jugés pour travail dissimulé et emploi illégal de personnes étrangères. Kevin Mention, avocat des parties civiles (plus de 200 anciens livreurs), parle d’un « procès de l’ubérisation » : « Il n’y avait dans cette société aucune protection, aucune représentation du personnel. Nous dénonçons le recours aux sans-papiers, mais aussi à l’entrepreneuriat, car Frichti a déguisé des emplois salariés en faux indépendants. Si ces travailleurs avaient été salariés, ils auraient eu des bulletins de paie sur une période assez longue pour être régularisés ».
Un lien de subordination entre livreurs et entreprise
En effet, les travailleurs auto-entrepreneurs dénoncent des méthodes relevant normalement du salariat : le pointage des présences, un uniforme imposé, des tournées obligatoires et un itinéraire prévu à l’avance, autant de choses que l’on ne peut normalement pas imposer à un travailleur indépendant.
« La justice a d’ailleurs reconnu au civil la semaine dernière dans cinq premiers dossiers qu’il y avait bien du travail dissimulé chez Frichti. Aujourd’hui, ce n’est pas nous qui engageons les poursuites, mais le procureur de la République, qui considère qu’il y a suffisamment d’éléments pour caractériser des infractions de travail dissimulé », ajoute l’avocat.
Effectivement, cinq anciens livreurs ont obtenu gain de cause auprès du conseil des prud’hommes le jeudi 6 novembre, voyant leur contrat de travailleur indépendant requalifié en CDI. La justice civile a considéré qu’il existait un lien de subordination entre les livreurs et l’entreprise, qui contrôlait l’organisation du travail et avait établi un système de sanctions.
Devant le tribunal de Paris, les anciens livreurs présents pour l’audience ont ramené l’uniforme jaune et le sac de livraison qu’ils utilisaient à l’époque. « Les managers faisaient tout pour remplir les sacs au maximum, ils pouvaient peser jusqu’à 25 kg », explique Diaby Dembo, travailleur Sénégalais de 31 ans ayant travaillé pour Frichti entre 2019 et 2023. « Ce n’était pas de l’entrepreneuriat. Quand on se désistait, ils nous donnaient des pénalités, alors que normalement, en tant qu’indépendant, on est libre de choisir nos horaires de travail ». Un autre, souhaitant rester anonyme, ajoute qu’ils pouvaient se faire déconnecter de la plateforme de livraison dès la troisième commande refusée.
Si la déception prime suite au report du procès, Kevin Mention ne perd pas espoir : « Nous allons continuer à compiler nos preuves, et nous occuper des prochaines décisions prud’hommes. D’ici la prochaine audience au pénal, nous aurons normalement de nouvelles condamnations envers Frichti, car nous sommes confiants dans notre dossier ».
Les deux anciens dirigeants de Frichti « contestent toute infraction et sont dans l’incompréhension », selon leurs avocats et sont « déterminés à faire valoir leur bonne foi et leur innocence ».
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