« Tout est compliqué dans la procédure » : À Paris, les mineurs isolés se mobilisent pour obtenir leur scolarisation

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Sous une chaleur écrasante, la place de la Sorbonne s’anime au son des percussions et des slogans. « École pour tous·tes », peut-on lire en gros sur des banderoles. Ce vendredi 20 mai, jour de fin des épreuves écrites du baccalauréat et journée mondiale des réfugiés, la Coordination nationale des mineurs isolés en lutte a appelé à un rassemblement pour défendre le droit de tous à la scolarisation.

Pour de nombreux mineurs étrangers, arrivés seuls en France, avoir accès à l’éducation est bien souvent un casse-tête. « Tout est compliqué pour nous, de la prise de rendez-vous pour exposer notre situation, jusqu’à la décision finale, raconte Julien, délégué du Collectif des jeunes du parc de Belleville, mobilisé pour la défense des droits des mineurs isolés. Beaucoup d’entre nous n’ont même pas internet, et nous n’avons accès à aucun guichet physique pour prendre des rendez-vous. Il faut se battre à chaque moment de la procédure. »

150 jeunes laissés sans affectation

À quelques pas de la place de la Sorbonne, une petite délégation de mineurs rejoint les locaux du rectorat de Paris. Le collectif demande une solution pour 150 jeunes laissés sans affectation plusieurs mois après avoir passé les tests préalables à la scolarisation. À Paris comme ailleurs, les procédures peuvent s’étirer sur plusieurs mois et laisser les jeunes sans réponse.

Julien a lui-même connu cette situation il y a moins d’un an. Reçue à l’été 2024 par le rectorat, une première délégation de mineurs isolés avait obtenu le déblocage des dossiers. Au total, un peu plus de 200 jeunes avaient fini par être inscrits dans des lycées professionnels de la capitale. Scolarisé depuis la rentrée 2024, Julien continue à militer pour que ses camarades puissent eux aussi faire valoir leur droit à l’éducation. Mais même quand une première victoire est obtenue, les conditions de scolarisation restent plus que précaires. Pour ces élèves de 15 à 17 ans, souvent orientés vers des filières inadaptées, les difficultés s’accumulent pour se procurer des fournitures scolaires, obtenir l’accès à la cantine, avoir un titre de transport.

« Ils n’ont accès à aucun droit »

Dans l’Oise, la situation est encore plus inquiétante. Bénédicte Blanco, cofondatrice de l’association Cent pour un toit, à Beauvais, a fait le déplacement pour dénoncer une situation « absurde ». « Chez nous il n’est même pas question de scolarisation. La préfecture assume de bloquer complètement les procédures. Les jeunes ne sont pas reconnus comme mineurs et n’ont accès à aucun droit, ils n’existent même pas aux yeux de l’État ! »

Pour l’association de Bénédicte Blanco, la lutte s’organise avec les moyens du bord. Les quelques bénévoles donnent des cours de Français et permettent surtout à huit jeunes d’être hébergés, point de départ de tous les combats chez les mineurs isolés. « Le problème de la scolarisation et celui du logement sont très liés. Beaucoup d’entre nous sont encore à la rue. Forcément, dans ces conditions c’est dur de pouvoir faire les démarches et de trouver des solutions », déplore Julien.

Mobilisé depuis plusieurs mois pour les droits des mineurs isolés, le Collectif des jeunes du parc de Belleville avait occupé la Gaîté Lyrique de décembre 2024 à mars 2025 pour alerter sur le manque de logement. Aujourd’hui, la mobilisation s’est étendue au niveau national avec la création de la Coordination nationale des mineur·es isolé·es en lutte, regroupant des collectifs un peu partout en France. Une entraide décisive alors que les signaux politiques envoyés depuis le ministère de l’Intérieur ne vont pas du tout dans le sens d’un assouplissement des procédures.

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