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Ils n’en peuvent plus. Communistes comme écologistes sont au bord du burn-out parlementaire. Mais rien à voir avec le rythme d’examen du budget 2026 qui mobilise fortement les troupes. « On passe notre temps dans l’Hémicycle à débattre sur des sujets très importants, raconte Cyrielle Chatelain, présidente du groupe Écologiste et social. Très souvent, tous les groupes de gauche votent ensemble. Et d’un coup, ça part… » Sur les bancs, des députés soufflent, d’autres roulent des yeux d’agacement. Ce que verts et rouges trouvent « désolant » et « puéril », ce sont les passes d’armes permanentes entre insoumis et socialistes, qui retiennent de moins en moins leurs coups.
Au Palais Bourbon, sur les plateaux de télévision ou les réseaux sociaux, les invectives fusent parfois jusqu’à l’absurde. Le PS serait ainsi rempli de « menteurs » en pleine « dérive trumpiste », selon Manuel Bompard, coordinateur de LFI. Et LFI volerait « au secours des plus riches », d’après Olivier Faure, premier secrétaire du PS, lequel aurait acté une rupture consommée avec ses ex-partenaires. Les uns seraient des vendus au macronisme, qu’ils laissent survivre et avec lequel ils seraient sur le point de fusionner après des « réunions secrètes » ; les autres des inconséquents emplis de « haine des socialistes ». Les exemples sont légion, parfois techniques, souvent picrocholins.
« Rangez vos flingues »
Pris en étau et sommés de choisir un camp, les écologistes et les communistes refusent de compter les points. « Je ne suis pas arbitre, évacue Léa Balage El Mariky, porte-parole du groupe Écologiste et social. Je ne connais pas de pays où une gauche morcelée parvient à proposer une alternative au libéralisme autoritaire ou au fascisme. » Et le député PCF Nicolas Sansu d’appeler à la désescalade : « Rangez vos flingues. »
Rares sont ceux à considérer, comme Yannick Monnet, que l’expression vive des divergences n’est « pas un obstacle ». « Les différences à gauche sont importantes et doivent s’exprimer. La violence des coups est comparable à ce qui peut les séparer. Le fossé se creuse sur le contenu et la forme », estime le député communiste.
Pour les autres, les bisbilles PS-LFI affaiblissent l’ensemble de la gauche. Et ce, alors qu’elle a réussi à imposer ses sujets, notamment fiscaux, dans l’agenda politique. « Nous sommes ultramajoritaires dans l’opinion sur ces questions comme sur les retraites ou les pesticides, rappelle l’écologiste Sandrine Rousseau. Emmanuel Macron a toujours cherché à fracturer la gauche. Est-ce qu’on lui donne le point ? C’est la question que je leur pose. »
La communiste Elsa Faucillon abonde : « Nous avons réussi une rentrée politique sur la justice fiscale où nous avons pu montrer que les « assistés » ne sont pas ceux qui sont toujours pointés du doigt. La non-censure du PS a ouvert la possibilité au gouvernement de renverser le récit. Le spectacle que les deux nous offrent crée du désespoir. »
L’éternelle question des « gauches irréconciliables »
Entre insoumis et socialistes, les désaccords – bien que surjoués – sont réels. Les premiers, obsédés par la présidentielle, appellent à une improbable destitution d’Emmanuel Macron quand les seconds s’enferrent dans des négociations avec le gouvernement de Sébastien Lecornu, espérant trouver des compromis en échange d’une non-censure. « Le PS doit se rappeler que les Français ont de la mémoire et que la tâche du quinquennat Hollande est toujours présente. Les uns et les autres ne doivent pas oublier l’aspiration à l’unité, sans exclusive, de tous les électorats de la gauche », recadre Stéphane Peu, président PCF du groupe GDR.
Derrière ces attaques mutuelles, se rejoue le match des « gauches irréconciliables » sur fond d’élection présidentielle imminente. « Je ne suis pas d’accord avec cette attitude (de LFI) qui vise à montrer que toute candidature commune serait impossible et que la fidélité au programme, c’est eux, décrypte Alexis Corbière, ex-insoumis siégeant aujourd’hui avec les verts. Mais je ne suis pas d’accord non plus avec la réponse du PS. Je leur dis : halte au feu ! Nous sommes en train de rater notre principal adversaire, l’extrême droite, qui rit de les voir se taper. » « Chacun pense que la réussite de sa stratégie électorale passe par la décrédibilisation de l’autre. Mais tout cela renforce l’impression d’un énorme bordel qui nourrit la défiance », regrette Cyrielle Chatelain.
Problème : ce petit jeu du « c’est celui qui dit qui l’est » entre insoumis et socialistes n’est pas près de s’arrêter, les intéressés se renvoyant la responsabilité du pugilat. Quitte à hypothéquer l’avenir et offrir un boulevard à l’extrême droite.
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