Taxe sur les ultrariches : Bernard Arnault étrille la mesure et qualifie Gabriel Zucman de « militant d’extrême gauche »

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Bernard Arnault, PDG de LVMH et première fortune française, a vivement critiqué la taxe sur les très grandes fortunes proposée par l’économiste Gabriel Zucman, y voyant une menace pour l’économie nationale. Soutenue par la gauche, cette mesure viserait les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros.

Ce qu’il faut retenir

Bernard Arnault, PDG de LVMH, a vivement critiqué la taxe Zucman dans le Sunday Times, l’accusant de vouloir « mettre à terre l’économie française », suscitant une réponse cinglante d’Olivier Faure (PS) sur X.

La taxe, soutenue par la gauche, vise les patrimoines supérieurs à 100 M€ à 2 % annuels, pour 1 800 foyers concernés. Jugée confiscatoire par le Medef et une « ligne rouge » par la CPME, elle divise profondément le monde économique.

Certains chefs d’entreprise comme Pascal Demurger (Maif) se montrent plus ouverts à une contribution des grandes fortunes, appelant à un débat sur les modalités de la taxe pour aider au redressement des finances publiques.

Après plusieurs dirigeants, le PDG du numéro un mondial du luxe LVMH a à son tour étrillé cette taxe, au centre du débat politique ces derniers jours. Il a jugé que la proposition de l’économiste Gabriel Zucman relevait « d’une volonté clairement formulée de mettre à terre l’économie française », dans une déclaration au journal britannique Sunday Times, samedi.

Selon le milliardaire, Gabriel Zucman « a mis au service de son idéologie (qui vise la destruction de l’économie libérale, la seule qui fonctionne pour le bien de tous) une pseudo-compétence universitaire qui elle-même fait largement débat ». Le qualifiant également de « militant d’extrême gauche ».

« Ce qui détruit notre économie et plus encore notre société, c’est l’absence de toute forme de patriotisme de la part des ultra-riches qui mendient l’aide de l’État mais ne se plient à aucune forme de solidarité », lui a répondu sur X le premier secrétaire du parti socialiste Olivier Faure.

Une proposition soutenue par la gauche

La taxe Zucman consisterait à taxer à hauteur de 2 % par an les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, ce qui concerne 1 800 foyers fiscaux, et permettrait de lever 20 milliards d’euros, moins selon d’autres experts. Fortement soutenue par la gauche, qui y voit un levier fiscal intéressant pour contribuer à réduire le déficit budgétaire, la taxe Zucman est décriée au centre, à droite et à l’extrême droite.

Alors que l’idée d’un effort de tous fait son chemin, Bernard Arnault a rencontré en avant le poids des impôts qu’il paie déjà : « je suis certainement le tout premier contribuable à titre personnel et l’un des plus importants à travers les sociétés que je dirige », affirme-t-il.

Assurant n’avoir « jamais été militant dans aucun mouvement ni encarté dans aucun parti », Gabriel Zucman rappelle son statut de professeur des universités à l’Ecole normale supérieure et à Berkeley et défend la pertinence de son projet, qu’il dit soutenu par de nombreux économistes de renommée internationale, dont sept prix Nobel. En France, ce projet est porté par les partis de gauche, notamment le Parti socialiste qui en exige l’instauration, quitte à l’amender, pour ne pas censurer d’emblée le futur gouvernement que tente de former le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu.

Spoliation

En 2024, le groupe de luxe LVMH qui possède plus de 75 marques dont Louis Vuitton, Dior, Moët et Hennessy ou encore Chaumet, a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 84 milliards d’euros et un bénéfice de 12,55 milliards d’euros.

Selon les déclarations de M. Arnault devant la commission du Sénat en mai, « près de 15 milliards d’euros d’impôt sur les sociétés ont été payés en France sur dix ans » par le groupe. Il n’a pas dévoilé le montant dont il s’acquittait à titre personnel.

La taxe Zucman attise la vindicte des milieux d’affaires français depuis ces derniers jours, « frein à l’investissement » pour le Medef, un « truc absurde » fleurant « une histoire de jalousie à la française » pour le patron de BpiFrance Nicolas Dufourcq.

« La solution aux problèmes »

Dans un entretien dans La Tribune samedi, le banquier estime que les entrepreneurs sont « la solution aux problèmes de la France » et sont ceux qui créent de la richesse « pour qu’elle soit ensuite redistribuée ».

La taxe « intègre l’outil de travail dans le calcul du patrimoine, alors même que l’ISF ne le faisait pas ! », s’est insurgé le président du Medef, Patrick Martin. « Pour certaines entreprises ― dans la tech notamment ― qui valent cher mais ne font pas encore de résultats ou ne distribuent pas de dividendes, instaurer cette taxe serait même une forme de spoliation et les condamnerait à la vente », prédit-il.

Le président de l’organisation patronale CPME Amir Reza-Tofighi a déclaré une fiscalité « suicidaire pour notre économie et donc une ligne rouge absolue ».

« Je dis oui à une taxe »

D’autres sont plus nuancées comme Pascal Demurger, le co-président du mouvement patronal Impact France qui a souligné mercredi sur RTL que les entreprises comme les Français fortunés devaient contribuer au redressement des finances publiques.

« Je dis oui à une taxe, c’est clair. Sur la taxe Zucman telle qu’elle est proposée, il y a peut-être des ajustements à faire, des discussions à avoir », a jugé le patron de la Maif.

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