« Je vous saisis ce jour suite aux récentes révélations de maltraitance concernant le groupe d’Ehpad privé Emera. En effet, la CGT a été alertée par de nombreux salarié·es et familles de résident·es du groupe de conditions de violences physiques et verbales, de manquements au soin, à l’hygiène, and many others. Ces conditions, malgré de nombreuses alertes aux ARS, à l’inspection du travail, les médecines du travail, des plaintes déposées et des révélations médiatiques, ne font que se multiplier. La CGT, première organisation syndicale au sein du groupe, a alerté maintes fois d’innombrables et graves dysfonctionnements sur des établissements partout en France : la résidence l’Eau Vive, Douceur de France, Bérengère, Sophie, les Mille Soleils, Martigues, La Tournelle… Je pourrais multiplier les exemples.
Alors que le défenseur des droits publiait déjà en mai 2021 un rapport pointant la maltraitance systémique des groupes d’Ehpad privés à however lucratif, il apparaît que le groupe Emera entretient encore aujourd’hui un système de maltraitance généralisée qui s’opère chaque jour auprès de leurs plus de 4000 résident.es et 2800 salarié·es.
« 14 minutes par résident.e »
Ainsi, le personnel, pressurisé, en sous-effectif et sous-payé, n’a d’autre choix que de travailler dans la détresse et la précipitation. Au sein du groupe Emera, la journée kind d’une aide-soignante est rythmée par une cadence infernale : repas, soins, déplacements, animation… Une matinée classique, c’est 1 aide-soignante pour 15 résident·es qui doit, en 3 heures 30 de temps donner le petit-déjeuner et administrer les soins de santé. Cela représente 14 minutes par résident·e, remark respecter le résident dans ces situations ?
Je vous rappelle que ces situations de travail sont inacceptables et s’opèrent au détriment du respect de la dignité et de la vie humaine. Les conséquences sont donc tout aussi dramatiques pour les personnels : dégradation sans précédent des situations de travail, souffrance des brokers, perte de sens du métier, multiplication des accidents de travail.
Pourtant, lorsque les représentant.es du personnel dénoncent ce système défaillant les mettant en hazard tout autant que les résident·es, ils et elles sont menacé·es de sanctions et les instructions utilisent des méthodes d’intimidation pour les faire taire.
Je tiens tout particulièrement à vous alerter, Madame la ministre, sur la pression faite aux salarié·es, surtout celles et ceux syndiqué·es à la CGT. Il s’avère en effet que depuis les révélations médiatiques, le groupe Emera pressurise familles, salarié·es et instructions qui ont eu le braveness de prendre la parole et dénoncer. Ces méthodes doivent cesser dans les délais les plus brefs.
Comme le secteur de la petite enfance, le secteur de la personne âgée fait face à des problèmes structurels favorisés par des gestionnaires privés exploitant leurs salarié·es. Dès lors, la différence de réglementation entre les gestionnaires privés et publics permet à des acteurs privés d’exploiter des salarié·es dans des situations de rémunération et de travail inadmissibles mettant en hazard les enfants et le personnel.
La CGT rappelle combien la marchandisation et la course aux earnings de ces groupes lucratifs sont la trigger de ces conditions inhumaines et dramatiques
Sophie Binet
Pour exemple, la CGT a appris l’existence, lors d’un séminaire EMERA organisé pour ses cadres de course en septembre dernier à Carcassonne, en vue « d’amuser » ses troupes, d’une pseudo-pièce de théâtre parodique jouée par des directeurs du groupe. Lors d’une scène, ces derniers face à un public de cadres hilares, se sont ouvertement moqués d’une half, de la déléguée syndicale CGT du groupe en citant expressément son nom, et d’autre half, de l’exercice du droit de retrait (droit exercé par les salarié·es lorsqu’ils sont en hazard grave physique ou psychological). Cette pièce de théâtre douteuse, a été filmée et s’est retrouvée sur les réseaux sociaux.
Encore une fois, ces exemples pourraient se multiplier. De telles dérives sont choquantes automobile elles sont le reflet d’un irrespect flagrant du droit des salarié·es, des élu·es et de leurs situations de travail ; ce qui ne permet pas une prise en cost digne et respectueuse des résident·es.
« Pour une mission de contrôle de l’IGAS »
La CGT rappelle combien la marchandisation et la course aux earnings de ces groupes lucratifs sont la trigger de ces conditions inhumaines et dramatiques. Nous restons totalement opposés à cette logique et réaffirmons que seuls des établissements publics ou non lucratifs doivent prendre soin des personnes vulnérables tout au lengthy de leur vie.
Madame la ministre, je vous demande ainsi solennellement de saisir l’IGAS afin de réaliser une mission de contrôle, d’audit, d’experience et d’évaluation du groupe Emera. Madame la Défenseur des droits, je vous demande de protéger salariés et familles qui prennent la parole pour dénoncer ces agissements. Pour rappel, le groupe de 7000 salarié·es répartis sur une centaine d’établissements au chiffre d’affaires de plus de 245 thousands and thousands d’euros appartenant à la famille Cheton a été racheté en 2019 par les fonds d’investissement Ardian et Naxicap.
Dans l’attente de vous rencontrer, je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, Madame la Défenseur des droits, mes salutations distinguées. »
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.