Procès Jubillar : avant les réquisitions des avocats, ce qu’il faut savoir sur l’affaire

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Il s’agit peut-être du point final d’une affaire qui aura marqué la société civile, et qui pourrait contribuer à mieux comprendre et prendre en charge les violences de genre. Mercredi 15 octobre dans l’après-midi, après une matinée de plaidoiries, les avocats généraux vont délivrer leur réquisitoire contre Cédric Jubillar, suspecté du féminicide de sa femme Delphine en décembre 2020.

Jeudi 16 octobre, les avocats de la défense auront une journée de plaidoirie, avant un verdict attendu le lendemain, vendredi 17 octobre. L’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Depuis près de cinq ans maintenant, l’affaire Jubillar revient régulièrement dans l’actualité, sans jamais que l’enquête ne puisse établir de manière évidente le coupable ou n’éclaircisse complètement les zones d’ombre.

Cinq ans d’enquête

Dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, en plein couvre-feu liée au covid-19, Delphine Jubillar disparaît de son domicile de Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Ses papiers d’identité, sa carte bancaire, ses lunettes, les clés de sa voiture sont toujours sur les lieux. Son téléphone portable a également été repéré à cet endroit. À l’aube, Cédric Jubillar, réveillé par sa fille d’un an et demi à l’époque, prévient les gendarmes.

Ce n’est qu’après plusieurs mois d’enquête que ces derniers commencent à suspecter le mari. L’aîné des enfants les avait entendus et vus se disputer ce soir-là. La voiture de Delphine est étrangement garée. Les lunettes, qu’elle portait le jour même, ont été retrouvées cassées en deux endroits de la maison. Depuis quelques mois, Delphine Jubillar entretenait une relation avec une personne avec laquelle elle voulait s’installer. Son mari avait du mal à accepter le divorce, et encore moins l’existence d’un amant. « J’en ai marre, je vais la tuer, je vais l’enterrer et personne ne la retrouvera », s’est-il emporté quelques semaines avant la disparition, confiera sa mère.

« Justice et vérité » pour les enfants

« On veut que Cédric Jubillar dise la vérité, il la doit à ses enfants », mais s’il « ne la donne pas, elle sera judiciaire », ont déclaré Malika Chmani et Laurent Boguet, les avocats des enfants du couple Jubillar, Louis et Elyah. Depuis le début de l’enquête, pendant les quatre semaines de procès, et jusqu’à son dernier interrogatoire lundi 13 octobre, Cédric Jubillar a clamé son innocence.

Les incohérences, les contradictions, les changements de version de l’accusé rendent ses déclarations difficiles à croire sur parole. Par exemple, il a aussi assuré que la lésion constatée par un médecin légiste sur son bras droit au lendemain de la disparition de sa femme, preuve selon les parties civiles d’un affrontement avec Delphine, était une « cicatrice » reçue plusieurs années plus tôt. Plus tard il explique qu’il se serait « taillé les bras à force de porter des paquets de parquet flottant ». « Le légiste a vu la cicatrice, mais il n’a pas vu les blessures dont vous venez de nous parler ? », lui a demandé l’avocat de ses enfants. « Tout à fait », a répondu l’accusé.

« Justice et vérité pour Louis et Elyah », a demandé mercredi matin Malika Chmani, l’avocate représentant leurs intérêts au procès de leur père, devant les assises du Tarn, déplorant qu’il n’ait pas été « à la hauteur » de leurs attentes. Tout au long du procès, les deux représentants de l’accusation, Pierre Aurignac et Nicolas Ruff ont traité avec respect l’accusé, et l’interrogeant avec parfois plus d’égards que les avocats des parties civiles. Ce n’est qu’en fin de procès que les réponses de Cédric Jubillar (ses « peut-être », « si vous le dites », « je ne sais pas »…) ont commencé à impatienter les représentants de l’accusation.

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