[ad_1]
Frédérique Péchier était un praticien réputé de Besançon. Mais au terme de son procès, qui s’ouvre ce lundi 8 septembre pour trois mois à la Cour d’assises du Doubs, il pourrait bien être consacré comme l’un des plus importants tueurs en série de la France d’après-guerre.
Il est accusé d’avoir injecté dans des poches de solutés utilisées pour les anesthésies de trente patients, des doses potentiellement mortelles de potassium, causant le décès de douze personnes. Placé sous contrôle judiciaire depuis le début de l’affaire, l’accusé de 53 ans comparaîtra libre et encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Les faits reprochés se seraient déroulés entre 2009 et 2017 dans deux cliniques privées de Besançon. Neuf années durant lesquelles, il aurait sciemment empoissonné des patients âgés de 4 à 89 ans, hospitalisés pour des opérations bénignes, afin de provoquer des infarctus et d’intervenir pour aider à leur réanimation, tel un sauveur.
« Ce qui lui est reproché, c’est d’avoir empoisonné des patients en bonne santé »
Mais tous n’ont pu être sauvés. « Ce qui lui est reproché, c’est d’avoir empoisonné des patients en bonne santé, pour nuire à des collègues avec lesquels il était en conflit et démontrer en même temps ses qualités de réanimateur », rappelle à l’AFP, l’ancien procureur de Besançon, Étienne Manteaux.
À l’alibi de la compétition et des rivalités entre collègues pourraient s’ajouter celui des intérêts pécuniaires. Les anesthésistes sont rémunérés à l’acte et toutes leurs activités ne se valent pas. Le docteur Péchier aurait ainsi décrédibilisé des collègues pour récupérer leur patientèle.
Les investigations ont commencé en janvier 2017, après l’arrêt cardiaque suspect d’une femme de 36 ans au cours d’une opération à la clinique Saint-Vincent de Besançon. Une dose de potassium est découverte dans la poche de soluté utilisée pour son anesthésie. Le docteur Péchier, rapidement suspecté, est interpellé et mis en examen deux mois plus tard. Sept années d’instruction s’ensuivront.
Les enquêteurs de la police judiciaire étudient plus de 70 évènements indésirables graves (EIG), des problèmes importants et inattendus survenus au cours d’actes médicaux. Les cas de 30 patients victimes d’un arrêt cardiaque en pleine intervention chirurgicale, à la clinique Saint-Vincent et à la Polyclinique de Franche-Comté, ont finalement été retenus car ils présentent un dénominateur commun : À chaque fois, Frédéric Péchier n’est jamais loin.
150 parties civiles
Depuis le début de l’affaire, l’ancien anesthésiste clame son innocence. Ses avocats comptent plaider l’acquittement et axer leur défense sur l’argument du « coupable idéal, créé par l’accusation ». Ils entendent démonter « point par point » que tout cela ne tient pas, ont-ils assuré auprès de l’AFP. D’après eux, Frédéric Péchier est prêt à affronter la justice, « il est le plus combatif possible » et « a la ferme intention de démontrer son innocence dans cette affaire ».
Au total, plus de 150 parties civiles, dont le syndicat des anesthésistes Snarf, seront représentées au procès. « Ce sont des empoisonnements, purement gratuits, de victimes qui n’ont rien à voir avec lui, qui n’ont jamais rien fait », accuse Frédéric Berna, l’un des 55 avocats des victimes. Ses clients « attendent beaucoup de l’éclairage judiciaire de ce dossier mais sont sceptiques quant à la formulation d’explications sincères et loyales du docteur Péchier », précise-t-il à l’AFP. Le verdict devrait être rendu le 18 décembre 2025.
Oui, on s’en doute : vous en avez assez
Voir ces messages d’appel au don, ça peut être pénible. Nous le savons. Et on doit bien vous avouer que nous préférerions ne pas avoir à les écrire…
Mais voilà : c’est crucial pour l’Humanité. Si ce titre existe toujours aujourd’hui, c’est grâce au financement régulier de nos lectrices et lecteurs.
C’est grâce à votre soutien que nous pouvons exercer notre métier avec passion. Nous ne dépendons ni des intérêts d’un propriétaire milliardaire, ni de pressions politiques : personne ne nous dicte ce que nous devons dire ou taire.
Votre engagement nous libère aussi de la course aux clics et à l’audience. Plutôt que de chercher à capter l’attention à tout prix, nous choisissons de traiter les sujets que notre rédaction juge essentiels : parce qu’ils méritent d’être lus, compris, partagés. Parce que nous estimons qu’ils vous seront utiles
À l’heure actuelle, moins d’un quart des lectrices et lecteurs qui viennent plus de 3 fois sur le site par semaine nous aident à financer notre travail, par leur abonnement ou par leurs dons. Si vous voulez protéger le journalisme indépendant, s’il vous plaît, rejoignez-les.
[ad_2]
Source link

