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Trois mois après sa prise de fonction, alors que la majorité s’est divisée et que ses deux premiers adjoints ont publiquement fait connaître leurs intentions, le maire Paulette Gougeon se tient, encore, au-dessus de la mêlée. Entretien.
Dans quel état d’esprit êtes-vous trois mois après votre installation dans le fauteuil de maire, étiez-vous prête ?
Je vais bien. Je savais un peu ce que la fonction de maire représentait. J’étais prête sans le savoir. Je pense que j’ai eu l’avantage d’être élue depuis longtemps. J’ai commencé comme conseillère municipale et j’ai gravi les échelons.
À quel moment avez-vous imaginé pouvoir être maire de Lunel, y avez-vous pensé avant le décès de Pierre Soujol ?
Non, vous savez ce que représentait mon prédécesseur pour moi. J’étais dans le déni de son possible décès. Il est tellement tombé bas parfois et s’est remis que j’espérais qu’il tiendrait jusqu’au bout. Mais après son décès, un socle d’élus est venu me voir pour me dire : “Il faut que tu y ailles, que ce soit toi, on a confiance en toi.”
Avez-vous douté de vos capacités ?
Pas vraiment. La demande de ce socle d’élus et le soutien de la population, dès la Pescalune, pour me dire que c’était normal que ce soit moi, que je le méritais, m’ont confirmé que j’avais eu raison.
Aujourd’hui, à l’épreuve des faits, estimez-vous avoir l’étoffe de maire de Lunel ?
Lunel est une ville très exigeante mais ça fait 17 ans que je suis élue et je n’ai pas changé de ligne de conduite : je vais au contact des gens,je suis dans la proximité, l’écoute, la sérénité et l’efficacité.
Qu’entendez-vous par “ville exigeante” ?
Une ville qui a une âme, où la défense des traditions est majeure. Une ville identitaire qu’il faut préserver car c’est un atout, mais une ville en ébullition rapide selon les décisions. J’ai l’impression que ce n’est pas pareil partout. C’est aussi une ville extrêmement attachante, qui a du caractère et du potentiel.
Comment qualifiez-vous cette période, êtes-vous un maire de transition ?
Non. On a perdu un pilier cet été mais je tiens maintenant ce rôle avec un socle solide d’une bonne douzaine de personnes. Certes je ne peux pas entreprendre grand-chose, mais les dossiers avancent. L’action des 100 premiers jours, c’est par exemple d’avoir obtenu l’assurance que notre projet de renouvellement urbain “Lunel 2030” irait à son terme. J’ai rencontré le préfet qui m’a réaffirmé la confiance de l’État. On a encore le dossier de la construction de la nouvelle gendarmerie qui avance bien et que j’espère lancer avant la fin du mandat. On a aussi engagé avec l’État une forte lutte contre la cabanisation et la préfecture a pris des mesures contre une épicerie qui ne respectait pas les règles en matière de vente d’alcool. Je crois beaucoup à la coopération avec l’État et je ne suis pas du tout dans le rapport de force.
Comment gérez-vous les relations avec l’Agglo ?
Je parle directement avec Jérôme Boisson, mon binôme au Département. On a des désaccords mais on se parle très franchement et on essaie de faire avancer les choses chacun de notre côté.
Quel regard portez-vous sur l’éclatement de la majorité ?
Avec distance. Je suis dans l’action, pas dans la réaction. Je ne considère personne comme opposant. La majorité, c’est comme une famille, il y a des turbulences, des désaccords mais je continue de discuter. Je respecte les ambitions et les impatiences. Et les désaccords et alliances d’aujourd’hui ne sont peut-être pas ceux de demain. Je préfère une majorité silencieuse, une équipe soudée sans calcul individuel, à une minorité hurlante. Ceux qui travaillent chaque jour pour Lunel sont à mes côtés.
Quelle sera votre réaction si certains élus qui ont des délégations, ou un de vos adjoints, adhère au groupe municipal dissident annoncé par Stéphane Dalle ?
À ce jour, nous n’avons toujours pas reçu la liste de ce groupe. Ça va faire trois semaines. On verra. Et je tiens à rappeler que la sanction que j’ai prise contre Stéphane Dalle a fait suite uniquement à ses propos indiquant que j’avais détruit, en trois mois, tout le travail réalisé par Pierre Soujol, alors que l’été s’est extrêmement bien passé, la ville n’a jamais été aussi attractive. Je n’ai pas sanctionné sa candidature, pas du tout. Chacun est libre de ses ambitions. C’est la démocratie. Quant à l’adjoint auquel vous faites allusion, à ce jour, il est au travail avec moi.
Êtes-vous blessée par les propos concernant votre légitimité de maire ?
Pas du tout. J’ai été élu démocratiquement et la légitimité, je la tiens aussi de tout le travail que j’ai fait depuis 17 ans et, mine de rien, j’ai aussi assuré des intérims. J‘ai été là quand Stéphane Dalle ne l’était pas. Je crois que ça a beaucoup joué auprès du socle d’élus qui est venu me chercher.
Véronique Michel et Michel Créchet appellent à l’union de la majorité avec Stéphane Muscat et Christophe Musset. Répondrez-vous à cet appel ?
Je suis le maire en place, c’est plutôt eux qui doivent se rapprocher de moi. Mais concernant cet appel, j’écoute aussi ce que me disent les élus de mon socle et aussi pas mal de Lunellois qui n’ont pas envie de certaines personnes. à ce jour, j’ai une équipe, un cap et une méthode.
Quand annoncerez-vous vos intentions pour mars 2026 ?
Pour l’instant, je laisse tout le monde s’agiter, je regarde ça un peu de loin, je préfère avancer dans les projets, écouter. Mais j’ai un calendrier, on verra avant la fin de l’année.
« Je préfère une majorité silencieuse, une équipe soudée sans calcul individuel, à une minorité hurlante »
Qu’est-ce qui pourrait vous faire renoncer à être candidate ?
Il faut voir ce qu’il va se passer au niveau national. Imaginez qu’il y ait une dissolution. Et localement, la seule chose c’est si je sentais que je n’avais plus le soutien de mon équipe.Sinon, à la fin, les Lunellois trancheront.
La gauche fait-elle partie du socle de vos soutiens ?
Oui je travaille dans le même esprit que mon prédécesseur, avec des gens qui ont des sensibilités de gauche. Ceux qu’on voit sur le terrain. Quant à Sylvie Thomas, nous travaillons main dans la main et si elle veut continuer dans cette équipe il n’y a aucun souci.
Ne pensez-vous pas que la multiplication des candidats profitera aux extrêmes ?
Les Lunellois voteront en leur âme et conscience. Je pense avoir montré au cours de toutes ces années ce que j’étais capable de faire. Je pense qu’être présent à six mois d’une élection ne suffit pas. Être connue et reconnue c’est peut-être le rempart contre l’extrême droite et la multitude de listes peut aussi favoriser le maire sortant.
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