Perte du double A, l’agence Fitch se place du côté des libéraux et des coupes budgétaires

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L’agence de notation Fitch a remis une pièce dans la machine. Sa décision, vendredi 12 septembre, de dégrader la note de la France de AA- à A + a fait rebondir le débat entre partisans de toujours plus d’économies budgétaires et promoteurs d’une répartition plus juste de l’effort fiscal.

Sentant un possible infléchissement du côté d’un exécutif jusque-là farouchement opposé à toute hausse de la taxation, le Medef a pris la tête du premier camp. « Si les impôts augmentent, il y aura une grande mobilisation patronale », a menacé son président Patrick Martin dans un entretien au Parisien dimanche 14 septembre.

La mise en place de la taxe Zucman, destinée à s’assurer que les milliardaires s’acquittent d’au moins 2 % d’impôts sur le revenu et dont la mise en place est demandée par le PS, serait, selon lui, « un frein terrible à l’investissement et à la prise de risque pour les entreprises ».

De son côté, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a appelé à une mobilisation massive le 18 septembre. « Nous voulons battre le fer pendant qu’il est chaud, envoyer l’ensemble du musée des horreurs du budget Bayrou aux oubliettes de l’histoire et imposer nos priorités – à savoir la justice fiscale, l’abrogation de la réforme des retraites, de l’argent pour nos services publics et l’augmentation des salaires et des pensions », a-t-elle indiqué.

Le risque d’une hausse des taux d’intérêt

Il faut dire que la décision de l’agence américaine pourrait peser lourd, même si elle a été dramatisée à outrance par l’ancien Premier ministre lors de son discours à l’Assemblée nationale. En perdant son double A, la France ne se contente pas de voir sa note dégradée. Elle change de catégorie, passant de « haute qualité », à « moyen supérieur », une première depuis 2012, quand elle avait alors perdu son triple A.

Malgré une économie qui reste solide, cela risque d’entraîner une hausse des taux d’intérêt auxquels elle emprunte à dix ans sur les marchés internationaux, où, faute de solution alternative, elle se finance largement. Déjà, en une année, ce taux est passé de 2,85 % à 3,5 %, renchérissant le coût de la dette et le poids de son remboursement dans la dépense publique.

Or, après huit années de cadeaux fiscaux aux plus riches et aux entreprises, cette dette a déjà atteint le niveau record en Europe de 114 % du PIB, contre 97 % en 2017. « Sans horizon clair de stabilisation », estime l’agence, elle devrait même atteindre 121 % du PIB en 2027. La perte du double A devrait aussi faire baisser la demande de dette française sur les marchés. On en est loin.

Début septembre, France trésor, l’administration chargée d’emprunter sur les marchés, n’a eu aucune difficulté à lever 11 milliards d’euros. Mieux, la demande était 2,35 fois supérieure à l’offre. Mais nombre de financeurs devront désormais s’abstenir, leurs règlements leur interdisant d’investir dans une dette souveraine dont la note est inférieure au double A.

À droite, le triomphe de la rhétorique anti-impôts

Face à cette dégradation, l’agence Fitch se place du côté des défenseurs des coupes budgétaires. Dénonçant « l’instabilité politique » qui « affaiblit la capacité du système politique à mettre en œuvre une consolidation budgétaire d’ampleur », elle estime qu’« avec un taux de prélèvements obligatoires de 45,6 % du PIB (contre 40 % en moyenne dans l’UE), la France dispose d’une marge limitée pour augmenter encore les impôts ». Cette analyse est largement partagée du centre à l’extrême droite. L’ex-ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, par exemple, a ainsi estimé sur X que « la dégradation de la note de la France vient sanctionner non seulement l’instabilité chronique voulue par les ingénieurs du chaos mais aussi des décennies d’errance budgétaire et de politiques sociales étatistes. Il est plus que temps de redresser la barre. Ce que proposent les socialistes ne fera que tout aggraver ».

Pris entre ces pressions du camp libéral, dont il est un représentant, et les aspirations des Français à plus de justice qu’il devient difficile d’ignorer, comment va manœuvrer le nouveau premier ministre, Sébastien Lecornu ? Dans un entretien accordé ce week-end à Ouest-France, il a annoncé renoncer à la très impopulaire suppression de deux jours fériés voulue par son prédécesseur. Il est resté en revanche très flou sur la taxation des plus hauts revenus, se contentant de se dire prêt à en discuter « sans idéologie ». Quant à la question d’une remise à plat des 211 milliards d’euros annuels d’aide aux entreprises, qui ne cesse elle aussi de monter dans l’opinion publique, elle n’a jusque-là même pas été évoquée.

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