Permis de conduire : pourquoi les auto-écoles sont en grève ?

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Le feu passe au rouge. Pour faire sauter le bouchon de candidats à l’examen du permis de conduire, les auto-écoles se mobilisent ce lundi. Rideau fermé pour les écoles de conduite traditionnelles et manifestations en voiture pour faire pression sur un chef de gouvernement toujours dépourvu de ministres de l’intérieur ou des transports de plein exercice.

L’encombrement est bien réel : dans les grandes villes comme en Île-de-France, il faut attendre jusqu’à huit mois pour être convoqué à l’examen, les écoles de conduite étant tributaires du nombre de places d’examen que la préfecture leur attribue. Or, avec 1 500 inspecteurs pour près de 1,4 million d’élèves, la France est structurellement en panne d’examinateurs. Les représentants professionnels revendiquent donc l’embauche de 150 à 200 fonctionnaires supplémentaires. Quinze postes ont été créés en 2023, 38 en 2024, et 103 doivent l’être en 2025, selon le ministère del’Intérieur. Mais pas de quoi répondre à la demande.

Démocratisation sans moyens supplémentaires

Car dans un « en même temps » très macronien, les gouvernements successifs ont démocratisé l’accès au permis de conduire sans augmenter le nombre d’inspecteurs proportionnellement à l’afflux de nouveaux candidats. Ainsi, en 2024, le gouvernement Borne a ouvert la possibilité de passer le permis à 17 ans au lieu de 18 ans. Cette même année, le financement du permis de conduire par le Compte personnel de formation (CPF) a été élargi du code et épreuve pratique pour les permis B et transport en commun (D) ou poids lourd (C), à la prise en compte de l’ensemble des préparations aux épreuves théoriques et pratiques de toutes les catégories de permis de conduire. Dès avant cette évolution, pas moins de 305 500 élèves étaient déjà inscrits à l’examen avec le CPF en 2023, selon les statistiques de la Dares (ministère du travail).

Face à l’explosion des coûts pour le CPF, des freins ont bien été mis en place ensuite, pour diminuer l’effet d’aubaine (les détenteurs de permis B ne peuvent plus financer par leur CPF le permis motos légères ou puissantes (A1 et A2), voiturettes (B1) et remorques pour véhicules légers). Mais les effectifs d’inspecteurs sont toujours sous-évalués par rapport à ceux des candidats. D’autant que, renforcement de la sécurité routière oblige, les auto-écoles évoquent aussi un examen très sélectif, avec un taux de réussite qui stagne juste au-dessus de 50 %. Les recalés s’ajoutent donc à ceux en attente d’un premier examen.

Résultat : la facture explose pour les aspirants conducteurs. Au coût initial de la formation – environ 1 800 euros dans une école traditionnelle et 1 100 euros en ligne, selon Édouard Rudolf, président de la fédération des écoles en numérique (Fenaa) et PDG d’En voiture Simone cité par l’AFP -, s’ajoutent donc des heures de conduite de 50 à 60 euros l’une pour ne pas perdre la main. Du moins pour celles et ceux qui peuvent se le permettre. Certains « prennent des risques » en attendant leur tour, souligne pour l’AFP Christophe Saligot, moniteur indépendant dans les Hauts-de-Seine. Ils conduisent illégalement avec leurs proches ou trouvent de faux moniteurs sur internet, dont certains n’ont même pas le permis, s’indigne le professionnel.

Comment faire sauter le bouchon ?

Pourtant, les solutions existent, selon les professionnels du secteur. À court terme et pour résorber le bouchon, certains appellent à alléger temporairement l’examen théorique, comme après le Covid. À moyen terme et pour améliorer le taux de réussite à l’examen, le passage de 20 à 28 heures de conduite exigibles est avancé. Ce qui ne renchérirait pas forcément le permis puisque les candidats sont parfois contraints de prendre des heures supplémentaires en attendant de passer devant un inspecteur. La Fédération des écoles en ligne évoque par ailleurs la possibilité d’un rattrapage, comme au baccalauréat, où les élèves ayant presque les points nécessaires décrocheraient leur permis après cinq heures de conduite supplémentaires, sans repasser l’épreuve.

À la tête du réseau d’auto-écoles ECF et de la fédération professionnelle Unidec, Patrick Mirouse, cité par l’AFP, émet l’idée d’une conduite accompagnée ouverte dès 14 ans, au lieu de 16. Les élèves qui apprennent ainsi ont besoin de cinq à sept heures de formation en moins, explique-t-il, et leur taux de réussite est meilleur (environ 77 %).

Encore faut-il disposer d’une oreille attentive des pouvoirs publics. Les syndicats ont bien été reçus deux fois par le gouvernement ces derniers mois, mais « on laisse la situation traîner », selon le patron d’En voiture Simone.

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