[ad_1]
Que pensez-vous de la façon dont la menace d’une dégradation de la note de la France a été brandie par l’ex-premier ministre François Bayrou ?

Nicolas les connaît
Député PCF du Cher
Nous avons assisté là au paroxysme de l’instrumentalisation de la dette. Pour tenter d’amadouer élus et citoyens et d’obtenir la confiance, François Bayrou a argumenté qu’il fallait réduire nos dépenses sociales, évoqué nos petits-enfants.
Il a aussi dramatisé à l’excès, allant jusqu’à dire qu’il y allait y avoir des interventions extérieures comme en Grèce en 2010, alors que nous n’en sommes pas là du tout et que, sur les marchés financiers internationaux, la demande pour des titres de dette française est plus élevée que l’offre.
Pourtant, la question fondamentale, c’est de désintoxiquer notre dette des marchés financiers en en réinternalisant une partie par un circuit du Trésor digne de ce nom, alimenté par de l’épargne réglementée, fléchée, comme on le fait pour le logement social. C’est la seule solution pour sortir de cette dépendance aux marchés et de rétablir notre souveraineté.
Dans cette montée en tension politique, quel est le rôle des agences de notation ?
Elles sont un outil de domination inventé avec la financiarisation de l’économie et de la dette. En disant que ces agences font l’alpha et l’oméga des taux d’intérêt de la dette française, on dessaisit le politique de la possibilité de faire des choix.
Ce discours économique sur l’endettement et la dépendance aux marchés financiers est une façon de préempter le débat démocratique. Il nous est amené comme une vérité révélée, alors qu’il y a d’autres manières de financer la dette.
C’est aussi une manière pour les marchés financiers de garder la main sur toutes les émissions de titres qui permettent de financer la dette, en France comme ailleurs. Ces titres servent à alimenter la chaudière des marchés financiers.
Pour eux, disposer de ces coupons remboursables à 3 % est bénéfique. Donc, ils ont tout intérêt à ce que ça continue comme ça. Ils ne veulent surtout pas qu’on sorte de cette dépendance.
Au-delà de la menace de la dette, quel est l’impact d’un certain discours économique sur la délibération démocratique ?
C’est souvent une manière d’imposer une seule voie. On le voit bien quand on fait un pas pour améliorer la protection de nos concitoyens, ou sur la question de la Sécurité sociale. Chaque fois, on nous oppose la dette et la dictature des marchés financiers.
C’est exactement ce qu’a fait François Bayrou pendant des semaines. Il a fait comme s’il n’y avait pas de choix, y compris pour justifier qu’on ne taxe pas les produits et les revenus financiers. Mais en réalité, il s’agit de choix stratégiques.
D’un côté, on a brisé tout ce qui était circuit de financement de l’État par le Trésor, sans en créer un au niveau européen, alors qu’un tel mécanisme aurait permis de flécher les investissements vers la transition écologique, les infrastructures ferroviaires, l’énergie.
De l’autre, on a alimenté la chaudière du marché en contraignant l’État à s’y financer et en supprimant l’imposition sur le revenu des dividendes. Tout cela vise à rendre les revenus financiers encore plus rémunérateurs.
Le média que les milliardaires ne peuvent pas s’acheter
Nous ne sommes financés par aucun milliardaire. Et nous en sommes fiers ! Mais nous sommes confrontés à des défis financiers constants. Soutenez-nous ! Votre don sera défiscalisé : donner 5€ vous reviendra à 1.65€. Le prix d’un café.Je veux en savoir plus !
[ad_2]
Source link

