Le Tribunal de Fort-de-France doit rendre aujourd’hui sa décision sur le Groupe Bernard Hayot (GBH), après l’assignation du leader de la grande distribution aux Antilles, accusé de se soustraire à son obligation légale de dépôt de ses comptes annuels.
L’entreprise, régulièrement mise en cause pour son rôle dans la flambée du coût de la vie en Martinique, où les produits alimentaires sont en moyenne 40 % plus chers qu’en Hexagone, a pris les devants : la famille Hayot a publié, début février, les comptes du groupe, à 100 % propriété de son fondateur et de ses quatre enfants, pour les cinq derniers exercices. Ils contredisent les arguments du groupe, qui assure ne pratiquer ni « surprofit », ni taux de marge supérieurs à ceux des mêmes magasins dans l’Hexagone.
GBH réalise, en 2023, un résultat net de 227,6 millions d’euros (+ 11,45 %) pour un chiffre d’affaires de 4,9 milliards d’euros (+ 8,1 %), avec une marge commerciale de 34,4 %, contre 20 % en moyenne dans le secteur. Ces profits ont permis à GBH de verser à ses actionnaires, soit Bernard Hayot, son épouse et leurs quatre enfants, 28,597 millions d’euros de dividendes (contre 15,6 millions d’euros l’année précédente).
Sous le feu des critiques depuis le soulèvement contre la vie chère en Martinique, l’automne dernier, les enseignes du groupe affichent, à grand renfort de communication,…