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L’engagement politique de Yann est né à l’automne 2018, avec le mouvement des gilets jaunes. De cet épisode qui l’a cueilli aux tripes, l’imprimeur syndiqué habitant dans une petite commune de l’Eure a conservé des amitiés indéfectibles et un goût tenace pour la lutte sociale, qui l’a conduit à participer à de nombreuses mobilisations depuis.
Sa participation à la journée du 10 n’a pas fait un pli. Celle de ce jeudi non plus. « J’y serai sans hésitation, martèle-t-il. On ira déambuler dans les rues de Paris, pour protester contre la politique menée par le gouvernement : avec Macron, c’est la logique du “on prend les mêmes et on recommence”. Lecornu est un pote à lui, il conduira la même politique. »
Parmi les raisons structurelles de son courroux, il cite pêle-mêle l’inflation, la réforme des retraites et le délabrement des services publics. « Une amie s’est cassé le pied il y a quelques jours, raconte-t-il. Elle a attendu cinq heures dans un box aux urgences de Gisors (Eure) ! Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. L’état de nos hôpitaux mérite qu’on se mobilise. »
Pour autant, il sait que tous ses copains anciens gilets jaunes ne suivront pas forcément son exemple ce jeudi. « J’en connais qui me disent que ce n’est pas en faisant Bastille-Nation que ça changera quelque chose, résume-t-il. Ceux-là considèrent que la seule façon d’agir est d’aller devant Matignon et l’Élysée et de forcer le président à la démission. »
Dissonance chez les gilets jaunes
Combien de participants de Bloquons tout seront des manifestations ce jeudi ? Impossible à dire. Mais il est évident que les plus hostiles au répertoire d’actions syndicales classiques, ceux qui ne cessent de dénoncer « l’inefficacité » des manifs traditionnelles et se sont saisis pour cette raison de la journée du 10, ne se précipiteront pas dans les rues.
C’est aussi l’analyse de Léonie, quinquagénaire syndiquée chez Sud éducation, croisée sur un rond-point à Nancy le 10 septembre. « Bien sûr que je serai présente au départ du cortège, ce jeudi », précise-t-elle. Mais les irréductibles gilets jaunes avec lesquels elle a partagé le blocage du rond-point le 10, et singulièrement les plus « antisystème », persuadés que « tous les syndicats sont des pourris et des corrompus », eux ne seront pas du voyage.
Baptiste1, très actif sur les boucles Telegram (une messagerie privée) de Bloquons tout, se situe à égale distance de ces deux positions. Ancien gilet jaune, engagé à gauche et très critique vis-à-vis des confédérations syndicales, il battra le pavé ce jeudi sans déplaisir mais avec un enthousiasme mesuré.
« Je n’ai absolument rien contre les militants syndicaux de base, assure ce fils d’une mère cégétiste. C’est après les centrales que j’en ai : je les trouve trop molles. Tout ce qu’on a obtenu dans ce pays est le fruit de luttes radicales, pas de manifs gentillettes. »
Baptiste, qui a une bonne vision d’ensemble du mouvement Bloquons tout, ou du moins de sa frange la plus politisée, estime en conclusion que les plus hostiles aux syndicats ne pèsent que « 10 à 15 % » des participants… Et qu’il y aura très certainement des actions de blocage ce jeudi.
La journée de mobilisation intersyndicale du 18 septembre s’annonce puissante et ancrée dans les territoires. Dans la capitale, le cortège s’élancera à 14 heures depuis la place de la Bastille, en direction de Nation, via la place de la République. À Lyon, le rendez-vous est à 11 heures devant la manufacture des tabacs. La manifestation prendra son départ à Marseille, à 10 h 30 sur le Vieux-Port. Dans la France des sous-préfectures, ou l’extrême droite prospère, l’affluence sera scrutée par les syndicats. À Montargis, le rendez-vous est à 10 h 30. C’est 10 heures à Aurillac, Bourgoin-Jallieu ou encore Salaise-sur-Sanne. À Nantes, où des tentatives de blocages de route ont eu lieu le 10 septembre, les manifestants sont attendus à 10 h 30 au miroir d’eau, à l’appel des organisations syndicales. À Lille, un rassemblement est prévu à partir de 14 h 30 depuis la porte de Paris.
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