Laurent Wauquiez est en campagne pour la présidence des Républicains. Il sera au Petit Parnasse ce jeudi soir, à partir de 18 h 45.
La campagne pour la présidence des Républicains a officiellement commencé mercredi. Vous voilà sur les routes ?
L’élection a lieu en mai. J’ai fait le choix d’une campagne à la Chirac en allant partout, en passant du temps. C’est plus de 120 déplacements partout en France. Samedi, j’étais chez moi en Haute-Loire, lundi en Charente-Maritime, mercredi à Lille et ce jeudi Montélimar et Nîmes… Je prends le temps à chaque fois, en échangeant, en écoutant. La vie politique française a beaucoup manqué ces dernières années d’écoute.
Bruno Retailleau est soutenu par un certain nombre de cadres (MM Larcher, Bellamy, Copé…). Et vous ?
Je suis le candidat des adhérents, le candidat du terrain et le candidat d’une nouvelle génération. Je suis notamment soutenu par Jean-Didier Berger, Vincent Jeanbrun, Nicolas Daragon, Florence Portelli, des figures de l’avenir. Mais moi, je ne veux pas d’un duel avec Bruno Retailleau. Ce que je propose c’est un duo. Quand je serai président des Républicains, je lui proposerai qu’on travaille ensemble. Pour l’instant, il faut aditionner nos forces, chacun dans son rôle. Lui, il est ministre de l’Intérieur, une tâche extrêmement difficile à l’heure où l’insécurité et l’immigration sont hors de contrôle dans notre pays et ça nécessite qu’il s’y consacre à plein temps. De mon côté, je veux m’engager pour préparer le projet de rupture. Et ma force, c’est que je ne dépends pas de François Bayrou ou d’Emmanel Macron. Je suis libre dans ma parole.
Pour vous Bruno Retailleau est comptable du gouvernement ?
Bien entendu. Il ne peut pas critiquer le chef du gouvernement ou le Président de la République ! Jean-Pierre Chevènement le disait très bien : soit on se tait, soit on part. Moi, quand je considère qu’Emmanuel Macron capitule devant l’Algérie, je peux le dire. Quand je considère que François Bayrou a décidé de ne rien faire pour la défense de la laïcité et l’interdiction du voile dans le sport, je peux le dire, Bruno ne peut rien dire. Quand Emmanuel Macron nomme Richard Ferrand président du conseil constitutionnel, ce qui est une indignité, ma parole est libre, pas celle de Bruno.
Tout comme Bruno Retailleau, vous abordez beaucoup les thématiques d’immigration et d’insécurité, chères au RN. Pour présider la droite républicaine, vous considérez que vous devez aller sur leurs plates-bandes ?
Ce sont des sujets extrêmement importants, il faut les traiter et avoir des résultats. Car jusqu’à présent, il n’y a pas de résultat. Par exemple je propose qu’on fasse un referendum sur l’accession des étrangers aux aides sociales. Mais une fois que j’ai dit ça, la droite ne doit pas parler que de ça. Il faut parler de revalorisation des services publics, de revalorisation du travail par rapport à l’assistanat. La droite doit aussi parler de santé, de service publique et marcher sur ses deux jambes.
“Quand on a détourné de l’argent, il y a sanction”
Sur X, vous avez écrit, à propos de la décision de justice condamnant Marine Le Pen qu’il n’était pas sain qu’elle soit interdite de se présenter à une élection. Vous ne seriez pas en train de dénoncer une décision de justice ?
Non. Je considère que quand on a détourné de l’argent, qu’il y ait une sanction, c’est une évidence. Et c’est le droit. En revanche ce qui me gêne, c’est qu’alors même que Marine Le Pen n’a pas pu faire appel et que donc théoriquement elle est présumée encore innocente, l’inéligibilité avec exécution provisoire aboutit à lui interdire de se présenter à l’élection présidentielle. Maintenant, il faut que les esprits retrouvent un peu de sérénité parce que l’annonce de la cour d’appel expliquant qu’il y aurait bien le jugement avant la présidentielle répond finalement à la question. Elle est traitée comme tout justiciable. Je me permets quand même de noter que, depuis qu’elle est concernée par la loi Sapin II, Mme Le Pen a changé d’avis. Elle plaidait pour l’inéligibilité à vie. Maintenant qu’elle est concernée, ce n’est plus le cas.
“Franck Proust fera un excellent maire”
Vous retrouvez Nîmes, où vous êtes souvent venu et où vous avez des appuis. Un terrain qui vous est cher ?
J’adore cette région, j’y ai beaucoup d’amis. Je suis venu très souvent à Nîmes. Je suis admiratif de la façon dont cette ville a été métamorphosée. Je sais toutes les batailles qui y sont menées contre l’insécurité et pour attirer des emplois. C’est incroyable de voir le dynamisme qui s’y est installé.
A Nîmes, la droite part divisée pour les municipales, avec les candidatures de MM Plantier et Proust. Vous président LR, vous remettrez de l’ordre ?
C’est en train de se clarifier. J’aime accorder du respect à ceux qui ont fait le travail. La figure, c’est M. le maire. La personne avec laquelle il a toujours travaillé, qui a toujours été à ses côtés et en laquelle on peut avoir totale confiance, c’est Franck Proust. Ce sera un excellent maire qui continuera à protéger Nîmes.