L’élue d’opposition Clothilde Ollier a demandé sa réintégration chez EELV après en avoir été exclue avant les municipales de 2020. Elle explique son choix, dresse le bilan après cinq ans dans l’opposition et tire à boulets rouges sur la majorité actuelle.
Vous avez demandé votre réintégration chez EELV. C’est chose faite ?
Je ne sais pas pour le moment. C’est en cours. Il y a eu un vote qui m’a été favorable, sauf qu’après ils ont voulu rediscuter entre eux. Il y avait une autre façon de me réintégrer, il faut l’autorisation d’un bureau, bref. Normalement, ça devrait aller.
Ça semble toujours compliqué chez les Verts…
Soit vous avez une organisation descendante, soit ce sont les personnes qui débattent et qui décident au final. De l’extérieur, on a toujours l’impression que c’est compliqué. Tout le monde a droit de donner son avis. La décision prise est plus unanime même si cela prend plus de temps.
Vous en aviez été exclue en février 2020, pourquoi y retourner ?
J’ai toujours dit que c’était mon parti depuis le début. Celui dont je me sens le plus proche puisqu’il prône des valeurs sociales et écologiques. C’est mon ADN. Je me sens bien à débattre avec des gens qui partagent les mêmes valeurs.
Donc vous n’êtes pas rancunière ?
Non pas du tout.
“Je suis très proche de Julie Mignacca”
Vous aviez fait la Une de Midi Libre car vous étiez donnée gagnante au second tour sans alliance. Quel regard portez-vous sur cet épisode aujourd’hui ?
On n’a jamais eu d’explication sur ce choix. Mais quand on voit ce qui est advenu ensuite, on comprend ce qui a pu se passer. Il y avait un groupe au sein d’EELV qui avait décidé de fusionner avec le PS. Ce n’était pas le choix des militants politiques à l’époque. Le sondage me donnait gagnante au 2nd tour avec dix points d’avance. Ils ont vite compris que c’était dangereux pour eux. C’est la première fois qu’on enlevait le logo d’une candidate qui pouvait gagner au 2e tour. Le fait que Manu Reynaud ait une place très avantageuse à la mairie, c’est une part de l’explication.
Que pensez-vous de sa démarche auprès de la justice pour contester son éviction d’EELV ?
Ça le regarde. Il défend une alliance à tout prix avec le PS. Il a aussi tenu des propos sexistes à mon égard et d’autres femmes du mouvement. Cela n’a pas sa place.
Entre les lignes Roumégas, Mignacca et Jouaut-Massart, où vous situez-vous ?
Je suis très proche de Julie Mignacca. Je suis pour l’union avec LFI, les Ruffinistes, les personnes de gauche, c’est comme ça qu’on avance.
Quel bilan tirez-vous de votre union au sein de la Mupes et de votre action dans l’opposition ?
Ça a été passionnant. On était trois élus mais on a un gros collectif derrière nous. On a réussi à pousser des sujets comme la ZFE par exemple. Nous avions voté contre avec Alenka Doulain dès le départ. On peut citer le lac de Baillargues, le harcèlement sexuel à Grammont par exemple. On a tenu nos positions dès le début et on a défendu une autre vision plus écologique et sociale.
L’écologique et le social sont des termes qu’emploie la majorité de Michaël Delafosse à travers le développement des mobilités douces, la végétalisation ou la tarification sociale et solidaire de l’eau
Il y a des choses qui sont bien mais il y a des problèmes sur le fond. Par exemple les transports en commun gratuits, cela n’a rien de social. Ce n’est pas équitable puisque ceux qui ont les moyens ne paient pas. Les étudiants qui n’ont pas fait leur carte gratuité sont les premiers à se prendre des amendes. Il faudrait faire un choc de l’offre avec des transports en commun de qualité. À Paris, si on prend les transports tout le temps, c’est parce qu’il y en a tout le temps et que c’est simple. Ce qui compte, ce n’est pas le prix.
Élue dans la majorité en 2026, remettriez-vous en cause la gratuité ?
On ne peut plus la remettre en question. C’est un vrai piège. Il aurait mieux valu une tarification sociale où chacun paye en fonction de ses revenus. Surtout qu’on n’avait pas les moyens de soutenir cette gratuité.
Quel bilan tirez-vous du mandat actuel ?
Les actes ne correspondent pas à ce qui a été vendu. Quand on voit les 4-Boulevards, l’habitat intercalaire, il manque de solutions. On nous parle du commerce de proximité mais en centre ville, ils ferment en raison des difficultés à y accéder à cause des travaux. Il y a énormément de baux vacants dans le centre.
C’est pourtant l’un des taux les plus bas en France selon la CCI…
Il y a du monde à Montpellier. On ne peut pas se comparer à Limoges ou Tourcoing ! Il faut écouter les gens et ce qu’ils disent, c’est la difficulté de se rendre en ville. Beaucoup de places dans des parkings ont été fermées. Les tramways sont bondés et il y a des travaux tout le temps sur les lignes.
La rénovation des rails aurait dû être réalisée de longue date…
Ça fait quarante ans qu’ils sont au pouvoir avec des prénoms différents à chaque mandat. Ce sont les mêmes qui sont pleins de bonnes intentions et puis à la fin qui bétonnent.
Qui est la meilleure personne pour conduire une liste en 2026 dans le cadre d’une alliance EELV- LFI ?
Le meilleur sera le candidat choisi par les militants qui réussira à faire l’union autour de lui. Il faut d’abord discuter et trouver une solution pour une alternative de gauche à Montpellier.
Que ferez-vous si vous n’êtes pas réintégré chez EELV ?
J’ai toujours dit que je soutiendrai la liste de gauche avec qui que ce soit à la tête. On a besoin de l’apaisement qu’on nous avait tant vendus la dernière fois. Avec les communes de la Métropole aussi car il n’y a pas de respect. La communauté du Grand Pic Saint-Loup à laquelle j’appartenais en tant que maire de Murles ne fonctionnait pas du tout comme ça.
Quelle première action doit être menée à Montpellier si vous êtes élue dans une majorité ?
Si je me représente… je verrai.
Vous ne souhaitez pas prendre la tête d’une liste ?
Ah non, pas du tout. J’ai mon entreprise qui marche bien, je m’éclate, j’interviens partout en France. J’y trouve du sens social. Les salariés sont en difficulté partout en France. Je suis utile ailleurs mais j’aiderai Montpellier car c’est ma ville. Il y a un vrai travail à mener en dehors du centre, redévelopper la politique de transport et arrêter la métropolisation. Ce mandat a été passionnant car on eu du temps pour parler avec les Montpelliérains. Ça a un petit côté infirmière.
Bio Express
Née à Paris, Clothilde Ollier est arrivée à l’âge de deux ans à Grabels. Son père, était originaire de Bédarieux, sa mère de Paris. Elle fait des études d’infirmières et travaille au CHU aux urgences. Elle est élue maire de Murles de 2014 à 2020. Divorcée, mère de deux enfants, elle vit à Montpellier depuis 2019. Candidate à l’élection municipale de Montpellier en 2020, elle est élue dans l’opposition au sein de la Mupes aux côtés d’Alenka Doulain et de Flora Labourier.