Dans une interview au Parisien, le Premier ministre prédit “une crise planétaire”. Il évoque dans cet entretien d’autres sujets d’actualité, comme les manifestations, ce dimanche, après la condamnation de Marine Le Pen à une peine d’inéligibilité. L’occasion de revenir sur ses propos, après le jugement, qui ont engendré une polémique.
François Bayrou s’en prend à Donald Trump. Dans un entretien accordé à nos confrères du Parisien, le Premier ministre a dénoncé la décision “gravissime” du président américain d’augmenter brutalement les droits de douane, déclenchant ainsi une guerre commerciale internationale.
“Elle est gravissime pour nous et elle l’est encore plus délétère pour les États-Unis. L’imposition de ces droits de douane délirants va entraîner une crise planétaire. C’est un tremblement de terre dont les Américains seront parmi les premières victimes”, s’emporte le locataire de Matignon. Il va plus loin : “la rupture que cela provoque dans nos échanges est une catastrophe universelle. Le risque, c’est de voir des industries qui étaient prospères entrer en souffrance. De très nombreux emplois vont être menacés et donc la société tout entière en souffrira. Les dégâts économiques et humains seront considérables”.
Une perte “de plus de 0,5 % du PIB”
Selon lui, le risque de pertes d’emplois est “absolument majeur” en France. Il estime que le ralentissement économique pourrait coûter à la France “plus de 0,5 % de PIB”. Il appelle donc à la riposte, doutant que le président américain fasse marche arrière.
Cet entretien est aussi pour François Bayrou l’occasion d’annoncer qu’il détaillera, mi-avril, son diagnostic sur l’état de la France. “Quand j’ai dit que la situation du pays, c’était l’Himalaya, j’étais peut-être au-dessous de la vérité”.
“Ni sain, ni sulaiable”
Le Premier ministre a aussi été interrogé sur les manifestations, dimanche à Paris, en soutien ou contre Marine Le Pen. “Manifestation, contre-manifestation… C’est aussi vieux que la République. Mais ce n’est ni sain ni souhaitable puisque nos institutions organisent à la fois la séparation des pouvoirs et la protection de la justice”, dit-il.
Il est aussi revenu sur ses propos, à l’issue du jugement du tribunal de Paris, qui ont déclenché un début de polémique. François Bayrou s’était dit “troublé” par la peine d’inéligibilité qui touchait Marine Le Pen. “Il y a le jugement, en face duquel je n’ai qu’une attitude : il s’impose et je défends les juges, car c’est ma mission de citoyen et de gouvernant. Et, il y a des interrogations sur l’application du jugement avant qu’il puisse y avoir un appel. C’est une réflexion sur notre droit, et c’est le Parlement qui est souverain”. Il assure toutefois qu’il laissera le Parlement décider s’il apparaît pertinent de supprimer l’exécution provisoire pour les peines d’inéligibilité.