Le projet de rénovation, lancé en 2018, est enfin sur le point d’aboutir. Plus de 3,88 M€ ont été investis dans ce vaste chantier qui concerne les 185 logements de la résidence Le Beaucaire, à Nîmes.
On devine que la copropriété a dû être pimpante quand elle est sortie de terre en 1963, à l’angle de la rue de Beaucaire et de la rue Claude-Mellarède, avec petits carrelages bleus sur les façades, persiennes en bois, loggias… “Avant, ici, il y avait des vignes”, raconte une habitante de la résidence Le Beaucaire quand ce secteur de Nîmes, “derrière les ponts”, ressemblait encore un peu à la campagne. Les treize bâtiments qui regroupent 185 logements ont aujourd’hui bien vieilli, la peinture des volets s’écaille, les garde-corps sont rouillés, le ciment s’effrite…
“Une aide pour les ménages les plus modestes”
Mais depuis septembre, c’est un peu deux salles-deux ambiances au cœur de la copropriété Le Beaucaire où des façades pimpantes, comme neuves, font face à celles encore dans leur jus et à d’autres couvertes d’échafaudage. La copropriété est, enfin, en plein chantier de rénovation énergétique. Un projet lancé en 2018, freiné par le Covid, “qui a été voté en assemblée générale de copropriété en 2023”, rappelle Anthony Martin, du syndic Active Copro. Une fois tous les copropriétaires convaincus de la nécessité des travaux de rénovation énergétique et rassurés par les aides financières.
Car cet ambitieux programme de rénovation énergétique a été conçu avec le dispositif MaPrimeRénov Copro et l’accompagnement de Nîmes Métropole. “Nous avons reçu le conseil syndical et le syndic pour répondre à leur question et les rassurer face à un projet d’une telle ampleur”, explique-t-on à l’agglo. “C’est un chantier de 3,88 M€ hors taxes qui a pu bénéficier de 1,80 M€ d’aides de l’Anah mobilisées et versées par Nîmes Métropole, un des plus gros chantiers accompagnés”, détaille Géraldine Rey-Deschamps, la vice-présidente de la collectivité déléguée à l’habitat et à la rénovation urbaine. “Pour les ménages les plus modestes, une aide spécifique de 1 500 € ou 3 000 € en fonction des revenus a aidé à boucler l’enveloppe travaux. Car le reste à charge par logement est en moyenne de 10 000 €.”
Gain énergétique théorique de 54 %
“On partait de loin, car il n’y avait eu aucuns travaux depuis longtemps dans la copropriété mais les aides représentent 38 % du budget total. Et on est allé au-delà de la rénovation énergétique”, rappelle Vincent Gemignani, assistant à maîtrise d’ouvrage d’Urbanis, lors de la visite de chantier organisée ce mardi 25 mars, en présence de Franck Proust, le président de Nîmes Métropole. Outre l’isolation des façades par l’extérieur, les travaux comprennent le désenfumage, l’électricité, la pose de VMC dans chaque appartement, l’étanchéité et les menuiseries. “Une rénovation globale qui va permettre à la copropriété de gagner en confort thermique avec un gain énergétique théorique de 54 %”, assure les services de l’agglo.
La promesse semble réelle. Une résidante dont l’appartement a été rénové assure que “depuis, je n’allume plus le chauffage et il fait 24 degrés… On va faire de belles économies”. Mostafa Mossli note qu’il “n’y a plus d’humidité ni de moisissure dans les pièces…” Marcelle Nicolau, qui habite là depuis 41 ans, a hâte que son logement soit à son tour isolé “on sent le froid par les murs et les fenêtres… J’espère que j’aurai plus chaud l’hiver et moins chaud l’été !” Devant l’immeuble Christian Barruet du Conseil syndical, souffle : “On a mis cinq ans à faire ce chantier mais on est dans les clous. Il devrait même être achevé cet été avec quelques mois d’avance”.
Bien sûr, comme beaucoup d’autres copropriétaires, il a dû faire un crédit pour payer sa part des travaux, “15 000 € pour un P4. Mais la résidence, toute rénovée, va prendre de la valeur”.