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En déplacement dans l’Hérault, Aurore Bergé, la ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les Discriminations, a répondu aux questions des lecteurs de Midi Libre, ce vendredi 11 juillet.
Aurore Bergé, la ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les Discriminations, rencontrait et répondait aux questions des lecteurs de Midi Libre ce vendredi 11 juillet. Pour parler des sujets relevant des champs de compétences de son ministère, mais aussi pour évoquer le futur budget de l’État ou l’élection présidentielle de 2027.
Égalité femmes/hommes : « À leur premier enfant, les femmes perdent 38 % de leur niveau de revenu »
Peut-on réduire les inégalités salariales entre les hommes et les femmes, s’interroge Aodrenn Le Cosquer, un Montpelliérain de 16 ans ? Pour rappel, à poste et temps de travail égal, une femme gagne 14 % de moins.
« Deux facteurs principaux expliquent encore les inégalités salariales et professionnelles : la question des filières et celle de la parentalité. Les jeunes femmes s’engagent aujourd’hui dans des carrières moins rémunératrices que celles des hommes, il faut lutter contre les stéréotypes dès le plus jeune âge. Sur la parentalité, la question se résume beaucoup trop à la maternité. Au moment où elles ont leur premier enfant, les femmes perdent 38 % de leur niveau de revenu, et ne le rattrapent jamais », souligne Aurore Bergé, qui souhaite engager une réflexion « sur les congés parentaux ».
« J’ai ouvert ce chantier il y a deux ans, et on remet le débat sur la table dans le cadre de la discussion budgétaire. Aujourd’hui, 14 % des mères et 0,8 % des pères prennent un congé parental. C’est très inégalitaire. Ma proposition est de faire un congé parental de quatre mois pour chacun des parents., non partageable, avec une indemnisation beaucoup plus élevée, au niveau du salaire touché lors d’un arrêt maladie par exemple », détaille la ministre.
Suffisant pour briser un jour le “plafond de verre”, le toujours difficile accès des femmes qui « disparaissent » avant d’accéder aux postes à responsabilité qui préoccupe Wafa Noubadji, enseignante à l’Université Paul-Valery de Montpellier ?
« Ce n’est pas anodin, on se projette dans ce qu’on connaît. On a besoin d’avoir des représentations pour se dire que ces parcours sont accessibles. La loi a changé, il y a d’abord eu la loi Zimmermann-Copé, et, avant, la loi Rixain. Il y a des quotas obligatoires dans les comités de direction, les conseils d’administration des entreprises. Les études montrent que les entreprises qui ont plus de mixité sont plus performantes, plus résilientes aux crises. Et l’État a sa part de responsabilité, choisir des femmes à la tête des grandes entreprises publiques. Souvent, on nous dit que les femmes s’autocensurent. Non. Pendant des années, en leur a expliqué qu’il fallait qu’elles restent à leur place. On a tous des stéréotypes. Si la cour de récréation est occupée au centre par les garçons et que les filles sont sur les côtés, plus tard, elles vont raser les murs. L’objectif du plan “Filles et maths”, qu’on a lancé avec Élisabeth Borne, ce n’est pas moins de réussite des garçons, c’est plus de réussite des filles. Il faut faire de l’espace pour que chacun ait sa place ».
Sur les violences faites aux femmes : »Beaucoup a été fait en matière de lutte contre les violences faites femmes depuis huit ans », estime la ministre. Elle égrène : « La demande facilitée d’ordonnances de protection, les téléphones grave danger, les bracelets anti rapprochement ou encore le 3919. »
Elle admet cependant que le chemin reste long, notamment pour la prévention : « Ce n’est pas suffisant, nous devons progresser que la détection des signaux de violence, tout le monde doit être concerné et pouvoir donner l’alerte si besoin ».
Discriminations : « L’antisémitisme et le racisme ne sont pas des opinions, ce sont des délits »
« Madame la ministre, la haine de l’autre et de la différence ne cesse de croître », alerte Perla Danan, présidente du Crif Languedoc-Roussillon, qui s’inquiète particulièrement de la montée « du racisme, et particulièrement la montée exponentielle de l’antisémitisme ».
De janvier à mai 2025, 504 actes antisémites sont recensés en France. Et 145 actes anti-musulmans. SOS homophobie recense de son côté 1620 cas de discriminations homophobes ou transphobes en 2024.
« J’avais lancé les assises de lutte contre l’antisémitisme de manière à agir sur deux volets, l’éducation et la sanction », insiste Aurore Bergé, qui rappelle qu’on est dans un pays « où des enseignants ont payé de leur vie le fait d’enseigner la liberté d’expression, le droit au blasphème… les valeurs de la République ». « J’ai proposé deux choses. L’antisémitisme, comme le racisme, ne sont pas des opinions, ne sont pas des libertés, ce sont des délits. On doit les combattre comme des délits à part entière, je le souhaite. Il faut l’écrire comme ça dans la loi, c’est le travail qu’on est en train de faire. Je pense que nous avons une majorité, à l’assemblée nationale comme au sénat, pour voter un texte », espère la ministre.
Lucas Mortier, 19 ans, s’inquiète de voir les plateformes fortement attiser la haine. Aurore Bergé lui répond sans détour : « On a eu la chance de ne pas être adolescents avec des réseaux sociaux ». Aujourd’hui, « c’est toxique pour la démocratie », ils favorisent « complotisme, racisme, homophobie, antisémitisme débridé et attaques ciblées contre les femmes ».
La ministre alerte sur « l’impact réel sur la vie et la santé de nos enfants ». Pour elle, « avant 15 ans, on ne devrait pas pouvoir avoir accès aux réseaux sociaux » : elle défend une « majorité numérique » et « une vérification réelle de l’âge ».
Des leviers existent, elle mentionne notamment « une pièce d’identité, une empreinte de carte bancaire » ou encore « un selfie ».
Une autre mesure efficace serait « la levée de l’anonymat », que la ministre défend comme « la plus puissante » pour venir à bout de la haine en ligne.
Pour contrer le phénomène, elle explique avoir « convoqué les plateformes » pour leur rappeler leur « responsabilité immense », revers de la médaille de leur « pouvoir ». Les géants du numérique s’exposent à des amendes pouvant représenter jusqu’à « 6 % de leur chiffre d’affaires mondial » s’ils ne respectent pas leurs obligations.
Berger revendique également « mieux subventionner des associations comme SOS Racisme ou le Planning Familial pour qu’elles puissent signaler les contenus haineux ».
Enfin, face à une montée en puissance du masculinisme en France, elle insiste sur la nécessité « d’éduquer nos garçons à respecter les filles » et mise sur l’implémentation dès septembre de cours « d’éducation à la vie affective et sexuelle ».
Ces séances ont vocation à « dire aux tout-petits qu’ils doivent être respectés » et à « apprendre l’égalité » entre les sexes dès le plus jeune âge. Car, prévient-elle, si ce n’est pas l’école qui s’en charge, « les adolescents apprendront sur les réseaux sociaux ou les sites pornographiques » une vision déséquilibrée des relations humaines et des rapports entre les femmes et les hommes.
Présidentielle 2027 : « Oui, moi aussi, j’ai des ambitions »
Lucas Mortier, jeune abonné à Midi Libre, de Pignan, se lança pour ouvrir le volet politique de la rencontre, et, partant, le sujet de l’élection présidentielle 2027. Et à la question de savoir si Aurore Bergé était favorable à une primaire au sein de son propre parti, Renaissance, la députée des Yvelines a répondu sans ambages : « Oui, j’y suis favorable. Parce que la primaire, c’est le pire des systèmes, mais je n’en vois pas de meilleur. Pour départager et désigner. Mais avant tout, d’ici là, il ne faut pas arrêter de travailler. Car les Français nous demandent d’avoir des résultats tout de suite. »
Puis, estime-t-elle, « il faudra aussi se poser la question du projet politique que l’on porte. Ensuite seulement se posera la question du rassemblement. Car penser que l’on puisse tous être candidat les uns face aux autres, c’est le risque qu’aucun d’entre nous ne soit au second tour de l’élection présidentielle. Et je ne veux pas prendre le risque que l’on se réveille en ayant eu la responsabilité historique de se dire que l’on aura laissé les Français choisir au second tour entre le Rassemblement national et la France insoumise. »
Et elle-même se lancera-t-elle dans cette course de la candidature à la candidature pour 2027 ? « Je travaille avec les parlementaires, les maires, les forces économiques, sociales, culturelles, agricoles du pays parce qu’il faut construire un projet. Mais c’est légitime d’avoir des ambitions, et il m’arrive moi aussi d’avoir des ambitions. Mais, avant, il faut d’abord apporter des réponses, pour maintenant, pour être crédible » insiste-t-elle.
Interrogé ensuite sur le prochain budget de l’État dont François Bayrou présentera les grandes lignes mardi, la ministre de son gouvernement, indiquait ce vendredi : « D’abord, il faut du courage. On peut être censuré à tout moment, et je préfère l’être parce qu’on a été courageux, plutôt qu’en raison de notre lâcheté. Il faut dire la vérité aux Français sur l’État des comptes et sur la nécessité de réduire la dépense publique. Après, je crois en la cohérence de ce que l’on porte depuis huit ans notamment d’un point de vue économique et fiscal. La fin du chômage de masse ou l’attractivité de notre pays ne sont pas arrivées par magie. Si demain on renverse la table en augmentant beaucoup l’impôt des Français, ou des entreprises, ce sera défavorable pour notre compétitivité, ce n’est pas du tout la voie à adopter. Et la rémunération du travail passera d’abord par la baisse des cotisations. On doit assumer de baisser les cotisations. L’augmentation des salaires passera par là, par l’effort que doit faire l’Était sur la baisse des cotisations. »
Enfin, en réponse à Emmanuelle Mysona, élue au conseil municipal de Saint-Jean-de-Védas qui mentionnait certaines réflexions désagréables qui sont parfois adressées aux seules femmes lors de ses réunions du conseil municipal, Aurore Bergé assura : « Malheureusement je pourrais faire une bible avec du papier très fin sur les critiques, et remarques avec lesquelles on cherche, en fait, à qualifier les nouveaux entrants. Ce n’est pas que la question des femmes en fait. Quand vous êtes dans des environnements très concurrentiels où il y a peu de places, c’est le cas dans la vie politique, spontanément, certains n’ont pas envie de laisser la place aux nouveaux entrants. Et ils ont d’abord été des nouvelles entrantes parce qu’il y a eu la loi sur la parité. Donc il y a eu aussi cette volonté de disqualifier les femmes, en disant qu’elles étaient là uniquement pour répondre à des quotas sur la parité. Mais on a réussi à démontrer qu’on n’était pas là parce qu’on nous avait laissé la place. Mais parce qu’on l’avait prise. On a été élue, et on est légitime à l’être. »
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