Des scientifiques de l’UCLA découvrent comment les bactéries intestinales s’adaptent rapidement pour soutenir la santé humaine

Partout en Europe et au-delà, les scientifiques découvrent de plus en plus que le monde invisible à l’intérieur de notre corps détient la clé d’une meilleure santé. L’intestin humain abrite des milliards de micro-organismes – un vaste écosystème connu sous le nom de microbiome – qui joue un rôle central dans la façon dont nous digérons les aliments, combattons les maladies et régulons notre système immunitaire. La recherche sur cette communauté microbienne transforme la médecine moderne, suggérant que nourrir un intestin sain pourrait améliorer le bien-être d’une manière que l’on croyait autrefois impossible.

Chaque personne porte dans son tractus gastro-intestinal une population de microbes qui dépasse le nombre de cellules humaines de son corps. Beaucoup de ces résidents microscopiques aident en produisant des vitamines, des nutriments et des composés protecteurs essentiels, tandis que d’autres contribuent indirectement en éliminant les bactéries nocives. L’équilibre de cet écosystème interne est crucial pour notre santé globale et, comme le montrent de nouvelles recherches, sa capacité d’adaptation pourrait être l’une de ses caractéristiques les plus puissantes.

Une équipe de scientifiques du California NanoSystems Institute (CNSI) de l’UCLA a découvert un mécanisme génétique qui aide les bactéries de l’intestin à évoluer à une vitesse remarquable. L’étude, publiée dans Sciencese concentre sur ce que l’on appelle les rétroéléments générateurs de diversité, ou DGR, de petits groupes de gènes qui peuvent délibérément introduire des modifications dans l’ADN bactérien. Ces mutations contrôlées permettent aux bactéries de s’adapter rapidement aux nouvelles conditions, leur donnant ainsi un avantage concurrentiel et une meilleure chance de prospérer.

Les chercheurs ont découvert que les DGR sont plus abondants dans le microbiome intestinal que dans tout autre environnement mesuré sur Terre. Pourtant, leur impact à l’intérieur du corps humain n’avait pas encore été entièrement compris. Selon l’étude, environ un quart de ces éléments ciblent les gènes essentiels à l’attachement des bactéries aux surfaces et à la formation de nouvelles colonies – une étape clé dans l’établissement d’une communauté au sein du tube digestif.

Les scientifiques ont également découvert que les DGR ne se limitent pas à un seul organisme. Ils peuvent se déplacer entre les souches bactériennes et sont même transmis de la mère à leurs nourrissons, aidant ainsi les nouveau-nés à peupler leur propre système digestif dès le début. Cette capacité à partager des traits adaptatifs peut garantir que les bactéries bénéfiques s’implantent tôt et restent résilientes tout au long de la vie.

“L’un des véritables mystères du microbiome est la manière exacte dont les bactéries nous colonisent”, a déclaré Jeff F. Miller, auteur principal de l’étude, directeur du California NanoSystems Institute et professeur de microbiologie, d’immunologie et de génétique moléculaire à l’UCLA. “Il s’agit d’un système hautement dynamique intimement lié à la physiologie humaine, et ces connaissances sur les DGR pourraient un jour être appliquées à la conception de microbiomes bénéfiques favorisant une bonne santé.”

La recherche représente une étape importante vers la compréhension de la manière dont le monde microbien en nous évolue et maintient l’équilibre délicat qui soutient la vie humaine. Alors que les efforts se multiplient en Europe et dans le monde pour développer des probiotiques et des thérapies qui renforcent le microbiome, ces résultats offrent un aperçu de la manière dont nous pourrions un jour concevoir des écosystèmes microbiens qui favorisent activement la santé et préviennent les maladies.

Pour plus d’informations, visitez le site Web du California NanoSystems Institute sur l’UCLA.

Source : UCLA, Science Journal.

eu news