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« Qu’est-ce que nous avons raté, nous les militants ouvriers ? » Cette question, nous sommes nombreuses et nombreux à nous la poser, en ces temps de crise sociale, politique et démocratique profonde, point d’orgue de quarante années de triomphe du néolibéralisme. Elle est aussi le fil conducteur d’un livre récent1 écrit sous la forme d’un roman, écrit par un ouvrier qui plus est, phénomène déjà assez rare pour être noté.
Le livre nous relate les luttes et les interrogations de deux militants ouvriers sur une période qui débute avec la marche des Beurs et la grève des OS immigrés dans l’automobile en 1983 et se conclut sur la période actuelle, avec le risque d’islamisation pour certains, les révoltes des quartiers populaires pour d’autres, la quête d’un monde meilleur pour toutes et tous. François est fils d’immigrés italiens.
Le livre de Vincent Di Martino est à la fois désabusé et porteur d’espoir.
Son prénom dit la soif d’intégration qui fut celle de ses parents. Son parcours est marqué par le travail à la chaîne. « La chaîne s’étend beaucoup plus loin que l’entreprise. Elle s’immisce dans notre vie quotidienne. Ceux qui achètent les voitures et ceux qui les produisent sont attachés à la même chaîne. » Il est habité par les luttes et les solidarités qu’elles génèrent, mais aussi par leurs difficultés et les pertes d’emploi découlant des restructurations à marche forcée de l’automobile.
Rachid, son ami, vit une réalité à la fois semblable et différente, qui le conduira au drame. Il se bat pour le respect de la dignité des travailleurs immigrés : « Nous étions des êtres humains comme les autres, il nous appartenait de revendiquer notre dignité et de la crier haut et fort », écrit-il dans une lettre à sa fille Naîla, pour lui expliquer ce qu’a représenté pour lui et sa génération la marche des Beurs mais aussi la grève des OS de Talbot en 1983 : « Changer la vie était notre slogan commun. Nous n’étions pas des immigrés obéissants qui baissaient la tête. » La marche se déroule derrière une banderole qui proclame « Marche pour l’égalité et contre le racisme ». Elle redonne « du souffle à de nombreux militants ouvriers », nous dit le narrateur.
La lutte des OS immigrés a concerné l’ensemble de l’automobile, mais elle a été particulièrement forte et dure chez Talbot. On se souvient du propos de Jacques Calvet, à l’époque PDG de PSA : « La grève doit laisser le souvenir de l’échec. » Encore plus lorsqu’il s’agit d’immigrés, car leur grève bouscule non seulement les conditions d’exploitation comme toute grève ouvrière, mais aussi les dominations racistes, accentuées par le passé colonial de la France. « Les gouvernements de gauche de l’époque préfèrent analyser la grève sous le prisme de l’emprise religieuse » explique le narrateur.
C’est le début d’un long cheminement vers un affadissement de l’analyse en termes de classes des contradictions qui traversent la société. « Les grévistes ne sont plus reconnus comme des travailleurs en lutte, mais catalogués comme des musulmans. » Le livre de Vincent Di Martino est à la fois désabusé et porteur d’espoir. Il ne renonce à rien de l’esprit de lutte qu’il veut transmettre aux jeunes générations pour qu’elles reprennent le flambeau laissé par les précédentes, le revivifient et le portent plus haut que jamais. C’est un livre militant écrit par un militant. Vincent Di Martino sera présent au Salon du livre d’histoire sociale organisé par l’IHS-CGT, le 4 novembre à Montreuil. Vous pourrez l’y rencontrer.
Aux côtés de celles et ceux qui luttent !
L’urgence sociale, c’est chaque jour la priorité de l’Humanité.
En exposant la violence patronale.
En montrant ce que vivent celles et ceux qui travaillent et ceux qui aspirent à le faire.
En donnant des clés de compréhension et des outils aux salarié.es pour se défendre contre les politiques ultralibérales qui dégradent leur qualité de vie.
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