« Des enfants lâchés dans la nature sans encadrement » : le père du lycéen mort chez Gifi réclame la fin des stages de seconde

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Axel avait 16 ans. Le 17 juin 2025, le lycéen est sorti de chez lui pour se rendre à sa première journée de stage dans un magasin Gifi de Saint-Lô (Manche) et n’en est pas revenu. Il a trouvé la mort, la tête écrasée violemment contre un trottoir, après avoir vacillé sous le poids de marchandises tombées d’une palette.

Près de six mois plus tard, alors que l’enquête pour homicide involontaire dans le cadre du travail se poursuit afin de « déterminer les circonstances exactes, vérifier le respect de la législation du travail et de la sécurité des travailleurs », le père du lycéen, Arnaud Darthenay, a lancé, début novembre, une pétition exigeant l’arrêt des stages obligatoires de seconde, selon des informations de France 3 Normandie.

« On ne peut pas mettre des vies en danger comme ça. Les enfants ne doivent pas mourir pendant un stage », a témoigné le père de famille auprès du journal régional, s’insurgeant contre l’instauration en 2024 de ces deux semaines d’observation en entreprise imposées pendant la période du bac, à une date où les choix d’orientation sont déjà largement actés.

Absence d’encadrement

Les griefs mis en avant auprès de France 3 Normandie par Arnaud Darthenay, qui souhaite lancer un débat national afin de prévenir d’autres tragédies, sont partagés par nombre de parents d’élèves et de syndicats de l’Education nationale. À l’unisson, ils dénoncent pêle-mêle l’absence de vertu pédagogique de ces deux semaines obligatoires, prétexte pour occuper les lycéens désœuvrés pendant le tunnel du baccalauréat, les inégalités face à la recherche de ces stages qui favorisent majoritairement les élèves dont les familles sont dotées d’un réseau, mais surtout l’absence d’encadrement pour prévenir les risques professionnels pour de jeunes stagiaires particulièrement vulnérables et souvent « lâchés en pleine nature ».

Contrairement aux stages professionnels en bac pro ou en alternance, où « les jeunes sont vraiment encadrés, entourés, savent où ils vont », « pour les stages de seconde, c’est tout l’inverse : Il n’y a pas d’encadrement. Mais voilà, il faut qu’ils trouvent un stage absolument », pointe le père de famille.

Même constat pour le Sgen-CFDT Normandie qui avait réagi, peu après la mort du jeune lycéen, en remettant en question « la mise en place précipitée de ces stages en seconde générale, et leur sens pédagogique dans le parcours de formation de l’élève ». La CGT Educ’action avait, pour sa part ; dénoncé « l’explosion des périodes de stage en entreprise, où les jeunes sont de plus en plus exposés aux dangers sans y être préparés ». Le syndicat avait alors par ailleurs exigé que le ministère les supprime dès la 3e et qu’il impose plus généralement « l’interdiction de l’apprentissage avant 18 ans ».

La professionnalisation des enfants, une lubie néolibérale

Elsa faucillon, députée PCF des Hauts-de-Seine, avait également dénoncé dans une tribune publiée dans l’Humanité, en juin dernier, cette « professionnalisation des enfants, lubie néolibérale poussée jusqu’à l’absurde avec la proposition d’Élisabeth Borne visant à orienter dès la maternelle, qui impose de plus en plus de stages ». L’élue a imputé cette « exploitation des enfants au travail » à « la démission des politiques éducatives », à travers lesquelles « deux lames de fond se rencontrent et se nourrissent : la dégradation du service public de l’éducation et une politique active de professionnalisation des enfants, particulièrement ceux des classes populaires, avec un encadrement de plus en plus faible. »

Trois ans avant la mort d’Axel, un jeune de 14 ans est mort en 2022 après que le mur d’un bâtiment s’est effondré sur le chantier de démolition, dans le vignoble au sud-est de Nantes, où il effectuait son stage de 3e. Un cas loin d’être isolé : selon l’INRS (Institut national de recherche et sécurité), la fréquence des accidents du travail, pour les jeunes de moins de 25 ans, s’élevait à 10 % par an en 2018, soit un bilan 2,5 fois supérieur aux accidents de l’ensemble des salariés (environ 4 %).

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