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L’Elysée a confirmé, mercredi soir, l’intention d’Emmanuel Macron de nommer un Premier ministre au plus tard vendredi. Comme chaque fois, les spéculations sur le nom du successeur de Sébastien Lecornu vont bon train. Et même si le nombre de prétendants se resserre, certains favoris se détachent. Explications.
Emmanuel Macron va battre ce vendredi un nouveau record : celui du nombre de Premiers ministres nommés par un Président de la Ve République. François Mitterrand en avait usé sept en quatorze ans, celui que le chef de l’État enverra à Matignon sera le huitième depuis 2017. C’est, à l’heure actuelle, l’une des rares certitudes qui entoure le drama politique que la France traverse depuis cinq jours ; une autre étant que M. Macron doit se décider très vite et tenir sa promesse d’une nomination d’ici ce 10 octobre au soir. S’il veut que le budget 2026 soit adopté par le Parlement d’ici à la fin de l’année, le projet de finances doit être présenté en Conseil des ministres dès lundi et par le Premier ministre.
L'(heureux ?) élu, sitôt nommé, devra donc s’atteler à la tâche, c’est-à-dire, en 48 heures, composer un gouvernement et reprendre un projet de budget que Sébastien Lecornu dit avoir déjà préparé. « Il n’est pas parfait », a admis l’intéressé, mercredi sur France 2, au sortir du cycle de discussions qu’il a mené avec les partis politiques en vue de construire une plateforme d’actions et de stabilité. « Un chemin est possible, il y a à l’Assemblée nationale une majorité absolue contre la dissolution », a-t-il surtout aussi promis. À condition de trouver l’oiseau rare qui saura coordonner cette majorité soudée par la seule peur de la dissolution.
Lecornu ou Borloo à droite…
Qui cela peut être ? Ce jeudi, dans les cercles du pouvoir, il se murmurait qu’Emmanuel Macron pense avant tout… à Sébastien Lecornu. Son fidèle « moine-soldat », surnom dont il s’est lui-même affublé, avait pourtant estimé avoir terminé sa « mission » mercredi. « Il justifiera qu’il peut en prendre une nouvelle, que les conditions sont désormais réunies grâce à son travail », commente un cadre régional de Renaissance. Tout en ajoutant : « Si le Président fait cela, il est fou. Ça ne peut pas marcher ». Et pour cause, gauche et droite ont martelé, ce jeudi, qu’ils ne veulent plus de Macronistes à Matignon.
Sébastien Lecornu lui-même a aussi avancé que le prochain Premier ministre et son équipe gouvernementale devront être « complètement déconnectés des ambitions présidentielles ». Un autre nom se détache alors, celui de l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo, aujourd’hui âgé de 74 ans. « Il est disruptif et surtout ni de gauche, ni macroniste », a salué le chef des LR Bruno Retailleau, qui l’a même eu au téléphone quelques heures plus tôt. Si l’intéressé a assuré « n’être au courant de rien », il a esquissé quelques pistes de travail, fin septembre sur BFMTV, estimant que « la désorganisation de la France coûte 160 milliards d’euros » par an, a-t-il dit. Ce qui en fait le candidat idéal ? À voir. Les parenthèses Barnier et Bayrou ont montré que l’expérience ne suffit pas. Surtout, le patron des sénateurs socialistes, Patrick Kanner, a balayé l’hypothèse Borloo : » Il porterait, au mieux un politique de centre-droite, donc non. Pour mettre en œuvre ces nouvelles politiques qui tournent le dos à huit ans de macronie, il vaut mieux que soit un homme ou une femme de gauche », a-t-il tancé sur RTL.
Moscovici ou Berger à gauche ?
On sait pourtant Emmanuel Macron réticent à nommer un Premier ministre socialiste qui viendrait démanteler sa politique économique. Y compris un profil plus oecuméique comme celui de la présidente de Région Occitanie Carole Delga, dont le mandat de présidente des Régions de France, lui a permis d’apprendre à travailler avec le centre et la droite.
Un homme de gauche pourrait alors être Pierre Moscovici. L’ancien ministre socialiste de l’Économie, président de la Cour des comptes pour quelques semaines encore, présente l’avantage de porter un regard avisé sur la situation budgétaire du pays ; il prônait d’ailleurs en avril dernier un effort de « 40 milliards d’euros » par an pour maîtriser la dépense publique. Son mandat de commissaire européen aux affaires économiques, de 2014 à 2019, l’a suffisamment éloigné de la scène nationale, ce qui lui a permis d’avoir retrouvé une forme de virginité politique dans l’opinion. Mais à 68 ans, il se prépare toutefois un autre avenir, moins exposé et plus confortable que le siège éjectable de Matignon, à la Cour des comptes européenne.
L’autre piste plus à gauche serait l’ancien secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. Depuis les dernières législatives anticipées, son nom circule à chaque changement de gouvernement. Le quinquagénaire est réputé pour ses qualités de négociateur, au point que même les Insoumis pourraient s’en accommoder. Il présente l’avantage de n’être intéressé par un destin politique… Ce qui est toutefois aussi un inconvénient. Il a jusque-là toujours refusé l’idée de s’installer à Matignon ou ailleurs. « Il est heureux là où il est », a même assuré le président du Crédit Mutuel, qui l’a embauché au lendemain où Laurent Berger a quitté la CFDT.
La piste « technique »
Reste aussi la piste d’un gouvernement dit « technique », maintes fois évoquée, jamais creusée par le Président de la République, peut-être parce que les ministres issus de la société civile qu’il a nommés depuis 2017 ont rarement réussi dans leur mission. En août 2024, lorsque cette hypothèse bruissait, plusieurs personnalités avaient été évoquées : le patron de Renault Jean-Dominique Senard ; l’ancien président de la Cour des comptes Didier Migaud ; le directeur général de la Maif Pascal Demurger ; l’économiste Olivier Blanchard… On a aussi régulièrement avancé le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau. Ce jeudi, c’est Nicolas Revel dont on parle à Paris… Et pour cause, le directeur des hôpitaux de Paris (AP-HP) fut jadis le directeur de cabinet du Premier ministre Jean Castex et sa nomination, disait-on à l’époque, avait été guidée par le chef de l’Etat pour « surveiller » son numéro 2.
En 2024 toutefois, Emmanuel Macron avait finalement privilégié un profil plus politique. Quater repetita malgré les trois échecs qui ont suivi ? On n’est plus à une surprise près…
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