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Pour avoir porté un tee-shirt où l’on pouvait lire « Allah is lesbian » (Allah est lesbienne), la militante féministe marocaine Ibtissame Lachgar, connue sous le prénom de Betty, sera jugée aujourd’hui, le 3 septembre, au Maroc, pour « atteinte à l’islam ». Cette affaire s’inscrit dans une tendance mondiale de répression de l’émancipation des femmes, qui frappe avec une intensité particulière les militantes féministes et LGBTQIA+.
En cette période de backlash – au sujet de laquelle une mission parlementaire vient d’être créée – il est essentiel de rappeler que, historiquement, les institutions religieuses ont quasi systématiquement œuvré pour restreindre nos libertés. Précisons qu’il ne s’agit pas ici de remettre en cause la foi intime et individuelle, mais de dénoncer son instrumentalisation par des structures de pouvoir qui transforment la croyance en outil de domination.
Le contrôle du corps des femmes et de leur sexualité constitue un pilier du discours religieux et rejoint l’agenda politique conservateur, formant un axe idéologique puissant. Ce constat est d’autant plus préoccupant que, d’après l’agence Statista, le groupe des personnes « sans religion » est celui qui devrait voir son importance diminuer le plus à l’échelle mondiale. Par exemple, en France, par rapport à 2024, le nombre de baptêmes a augmenté de 45 % chez les adultes. Ces données suggèrent un regain d’influence des institutions religieuses.
Or, sur le contrôle des sexualités, l’hostilité des institutions religieuses envers les orientations non hétérosexuelles est manifeste. En décembre 2021, le grand mufti d’Arabie saoudite a qualifié l’homosexualité de « crime le plus ignoble et odieux aux yeux de Dieu », précisant que « les auteurs de ce crime portent sur eux la honte et l’infamie ». Le pape François avait quant à lui certes autorisé la bénédiction des unions homosexuelles en 2023, mais dans une interview à l’Associated Press la même année, il déclarait : « Être homosexuel n’est pas un crime (…) mais c’est un péché. » Si l’Église accueille, c’est donc pour mieux rappeler que les homosexuel·les devraient se corriger.
La stratégie des politiques conservatrices est claire : maintenir une domination sociale et genrée sous couvert de valeurs traditionnelles et/ou spirituelles. Chacun à sa place, avec un rôle bien précis ! Le sexisme institutionnel reste très fort, à l’image de la déclaration d’Yitzhak Yosef (à l’époque, grand rabbin séfarade d’Israël), qui avait menacé « de faire grève si l’État le forçait à faire passer l’examen rabbinique aux femmes ».
Face à cette offensive mondiale contre les libertés fondamentales, la libération de Betty Lachgar n’est pas seulement une cause individuelle, c’est un combat pour toutes les femmes contre l’alliance du conservatisme et du religieux.
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