Affaire Max Spiers : la mort d’un ufologue à l’origine de théories du complot les plus folles

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Un cadavre retrouvé sur un canapé de Varsovie, le corps couvert de sang noir, un ordinateur vidé, une interview lunaire la veille de la mort… Autant d’éléments qui ont mis la puce à l’oreille des internautes. Au point de créer de toutes pièces une théorie du complot, autour de la mort de Max Spiers, survenue le 16 juillet 2016 en Pologne.

« S’il m’arrive quelque chose, mène l’enquête. » Vanessa Bates, la mère de Max Spiers, a reçu ce message prémonitoire de la part de son fils, quelques jours avant sa mort. L’homme de 39 ans était adepte des explications complotistes, en particulier sur les extraterrestres et le gouvernement américain et parfois mêlant les deux à la fois. Plus tard, après avoir gagné en notoriété, Max Spiers enquêtait sur des prétendus réseaux pédophiles au sein de l’élite politique américaine. « Supersoldat » et « ufologue », pour sa communauté, il aurait obtenu des facultés spirituelles et « surhumaines » dès son enfance.

Mais ce message, qu’il a envoyé à sa mère avant de mourir, est le point de départ d’une théorie, selon laquelle Max Spiers aurait été éliminé par les autorités. Se sentant menacé, il voulait avertir sa famille du danger qui pesait sur lui. Mais quel danger ? En savait-il trop ? En réalité, les raisons de sa mort paraissent assez claires. Il aurait succombé à une hémorragie interne, après avoir consommé une quantité trop importante d’un générique du Xanax, un anxiolytique. D’où la présence du liquide noir, signe d’oxydation du sang.

Service secret et attaque spirituelle

En juillet 2016, il était convié à une conférence en Pologne, sur « l’environnement », quelques jours avant son décès. Un événement qui rassemblait les experts UFO du monde entier. Il logeait chez une amie, suspectée par les internautes complotistes d’avoir participé à son élimination. C’est elle qui aurait appelé les ambulances, mais la nature de leur relation est floue.

Après son décès, les autorités polonaises n’ont pas été aussi réactives que l’aurait voulu la communauté de Max Spiers. Son corps n’a été rapatrié en Angleterre que six jours après la date du décès. Un délai qui cacherait quelque chose, selon ses proches, d’autant que le premier motif officiel du décès est celui de « causes naturelles ». Un second examen du corps, post mortem et en Angleterre, n’a pas permis de déterminer précisément ce qui l’a tué. En 2018, presque deux ans après sa mort, les médecins britanniques demandaient une audition des policiers polonais qui se sont occupés de l’affaire. Une procédure incohérente pour sa mère, qui avance comme preuve de la duplicité des policiers polonais, l’ordinateur de Max Spiers, rendu à sa famille complètement vidé de toutes ses données.

La chaîne d’information britannique BBC s’est emparée de cette enquête. La journaliste India Rakusen est revenue, en quatre épisodes, sur les dernières heures de Max Spiers. Son travail révèle qu’une interview avait été tournée quatre jours avant son décès avec un « média » polonais, PorozmawiajmyTV, spécialisé dans les ovnis. Dans cette séquence d’une heure, l’ufologue apparaît visiblement faible, angoissé, mais surtout presque incapable de s’exprimer clairement. Pour les uns, c’est la preuve qu’il était clairement conscient d’être traqué par les services secrets britanniques, ou bien sous l’emprise d’une force supérieure extraterrestre. Pour d’autres, Max Spiers était simplement gavé de substances hallucinogènes.

« Ils ont tué Max, il s’apprêtait à dénoncer l’élite pédophile, de plus il subissait une forte attaque spirituelle, la substance noire est de l’énergie purement obscure », affirme l’un des commentaires laissés sur l’une des pages Reddit dédiées à ce fait divers. « La petite amie est bizarre. Je ne serais pas surpris si elle fait partie d’un service secret », imagine un autre. Malgré ces théories, le cas Max Spiers n’a pas eu le même écho que les réécritures de la mort de JFK, de l’alunissage ou des chemtrails. La BBC y a consacré une émission, mais « sur Facebook et Instagram, il n’y a pas grand-chose sur cette mort mystérieuse », relève Romy Sauvayre, sociologue des sciences et des croyances à l’université de Clermont-Auvergne et chercheuse au CNRS.

« On avait pourtant tous les ingrédients pour une bonne histoire »

En tout, un corpus de 7 000 messages évoque ce cas sur l’ensemble des plateformes Meta (société mère de Facebook, Instagram, WhatsApp…). « C’est une goutte d’eau » par rapport à d’autres théories du complot, commente la chercheuse. « On avait pourtant tous les ingrédients pour une bonne histoire, mais ça a fait pschitt », analyse-t-elle. En mai dernier, la mort de Max Spiers continuait toutefois d’interroger encore une poignée d’irréductibles. Le blog Mystery de Reddit est encore en quête d’explications autour de zones d’ombre qui demeurent. D’autres essaient de repeindre ce théoricien du complot en véritable lanceur d’alerte.

Max Spiers illustre une période de la vie politique américaine. En 2016, les complotistes en ligne avaient massivement investi les discours mainstream, jusqu’au Parlement, où la députée Marjorie Taylor-Greene se revendiquait de la mouvance QAnon. À l’heure de la première accession au pouvoir de Donald Trump, c’était « une année foisonnante en conspirations », rappelle Romy Sauvayre.

Il faut comprendre l’écho qu’a eu la mort de Max Spiers dans un contexte numérique « fondamentalement politisé », analyse-t-elle. Il incarne un retournement politique, une « déconstruction des élites » censés mettre à terre un système corrompu. C’est une période de défiance des médias et de la science par la société civile, du climatoscepticisme et de la renaissance des discours réactionnaires en ligne. Depuis cette période, les rumeurs complotistes en ligne ont muté vers des théories plus plausibles, pseudo-scientifiques, moins extraterrestres… donc plus dangereuses.

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