Plus d’un mois après le coup d’arrêt du tribunal administratif de Toulouse à l’imposant chantier de l’A69 qui relie Castres (Tarn) à Verfeil (Haute-Garonne), une proposition de loi de validation de l’autoroute a été mise sur la table. Dans le cadre de la niche parlementaire du groupe l’Union centriste, le texte sera examiné au Sénat le 15 mai, selon l’ordre du jour de la chambre haute officiellement acté mercredi 2 avril, lors d’une conférence des présidents. Le collectif écologiste La voie est libre (LVEL), à la tête de la contestation de l’A69 depuis 2023, a dénoncé un acharnement « contre l’intérêt du territoire ».
D’autant que l’arrêt du chantier à la fin du mois de février avait été unanimement salué par les forces politiques de gauche, des associations environnementales et des scientifiques qui s’étaient mobilisés pour que ce projet ne voie jamais le jour. À l’inverse, le ministre des Transports Philippe Tabarot avait vivement réagi et qualifié la situation d’« ubuesque : un chantier avancé aux deux tiers est arrêté du jour au lendemain », selon un communiqué. L’État a fait appel, fin mars, de la décision du tribunal administratif.
La même initiative est portée à l’assemblée nationale
Le sénateur du Tarn Philippe Folliot, de l’Union centriste, a confirmé, mercredi 2 avril, auprès de l’Agence France Presse l’intégration de la proposition de loi dans la niche parlementaire de son groupe. « À l’heure actuelle, dit-il, il y a 92 cosignataires de cette proposition de loi, membres de six groupes parlementaires, quand vous avez plus d’un quart de sénateurs qui cosigne votre proposition, c’est déjà encourageant ».
« La loi va ensuite passer, on l’espère, vers la mi-juin à l’Assemblée nationale », poursuit le sénateur, partisan de cette autoroute. Dans le texte déposé au Sénat par Philippe Folliot et Marie-Lise Housseau, autre élue du Tarn, les parlementaires précisent que la proposition de loi doit être « circonscrite à la reconnaissance de la légalité des arrêtés portant autorisation environnementale pour la liaison autoroutière, en tant qu’ils reconnaissent que la liaison répond à une raison impérative d’intérêt public majeur ».
À l’Assemblée nationale, Jean Terlier (groupe macroniste) et Philippe Bonnecarrère (qui siège chez les non-inscrits) portent la même initiative. Ils seront reçus ce jeudi 3 avril par la présidente Yaël Braun-Pivet, avec les présidents de groupe Gabriel Attal (EPR) et Laurent Panifous (Liot, indépendants).
Jean-Michel Hupé, chercheur en écologie politique au CNRS, qualifiait un an plus tôt dans nos colonnes ce projet de « cas typique de grands projets inutiles et injustes », expliquant que la lutte contre cette autoroute n’était « pas partisane » et qu’elle visait « à préserver un environnement sur la base d’un consensus scientifique ». Il assurait : « Tous ces projets obsolètes ne sont plus légitimes du point de vue du constat objectif des limites planétaires, du réchauffement climatique et de l’extinction de la biodiversité. »
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