À Bram, autour de Carole Delga, la gauche hors La France insoumise, se réunit, se parle, et affiche ses divergences

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Voulues et organisées par la présidente de la Région Occitanie Carole Delga, les rencontres de Bram ont réuni, ce samedi 27 septembre, lors d’un débat, les leaders des principales formations de gauche. Sauf une.

Le hasard fait parfois bien les choses. Derrière le cliché éculé, une réalité, observée ce samedi 27 septembre à Bram, dans l’Aude, à l’occasion de la cinquième édition des Rencontres de la gauche organisées par Carole Delga et son mouvement La République en commun : la coïncidence entre la tenue de ce rendez-vous et la publication dans Le Parisien d’une interview de Sébastien Lecornu dans laquelle il ne donne quasiment aucun gage ni crédit aux revendications venues de la gauche pour élaborer le budget 2026 a permis de facto de ressouder illico les forces en présence.

Salon public

Car on ne peut pas dire que chaque intervenant au débat le plus attendu du jour campait sur une ligne identique. La présidente de Région Occitanie avait en effet réussi à convier à échanger sur « l’avenir de la gauche et de la France », le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, dont elle est peut-être l’opposante la plus farouche, la secrétaire nationale des écologistes, Marine Tondelier (les deux venaient à Bram pour la première fois), le patron du parti communiste Fabien Roussel (finalement excusé, et remplacé par le sénateur PC des Bouches-du-Rhône Jérémy Bacchi), et Raphaël Glucksmann, leader de Place publique.

Carole Delga veut « un nouveau contrat social »

Entre stands, ateliers et tables rondes, le débat, dont il est question ci-contre, et l’allocution finale de Carole Delga incarnèrent les temps forts de cette journée à Bram, à proximité d’un territoire durement touché cet été. La présidente de la Région Occitanie, qui avait vanté le matin, devant la presse, la pertinence d’un rendez-vous « populaire, où chacun peut venir rencontrer des personnalités nationales, ici, à Bram ». « Déçue » elle aussi à la lecture de l’entretien de Sabastien Lecornu, elle estimait cependant que, ce samedi, « l’heure n’était pas encore à la prise de décision sur une éventuelle censure ».

Enfin, en clôture de l’événement, elle prononça un discours au cours duquel elle a ouvert des pistes pour un « nouveau contrat social » qu’elle appelle de ses vœux. Et de privilégier « la non-marchandisation de la vie de la crèche à l’Ehpad, redonner une vraie priorité à l’éducation pour former les citoyens de demain, une santé publique de qualité et de proximité, et garantir la sécurité et la tranquillité publique. »

Et d’ajouter : « Ce nouveau contrat social, qui part de la base, doit être opérant au plus près de chaque Français. Voilà pourquoi il doit s’accompagner d’une nouvelle organisation de l’État, centré sur le régalien, et d’une nouvelle décentralisation, avec de véritables moyens donnés aux collectivités locales afin de garantir proximité et efficacité. »

Ce n’était pas une mince affaire que de les réunir, et 2 500 personnes sont ainsi venues saluer la performance. Avec fair-play, c’est à noter : pas un seul sifflet à l’endroit d’Olivier Faure qui se déplaçait donc en terre hostile, et un œcuménisme de circonstance quand il s’agissait de vilipender la politique d’Emmanuel Macron et de ses gouvernements successifs depuis 2017, ou pour huer le Rassemblement, ses dirigeants, ses idées, et la perspective de le voir arriver au pouvoir, spectre qui n’eut de cesse de surgir lors de cette rencontre. Où l’unanimité ne fut cependant pas toujours de mise.

Travail et identité, la gauche doit en reparler ?

Mais tout avait commencé dans la concorde, sous le regard d’une audience au premier rang de laquelle se pressaient Jérôme Guedj, Patrick Kanner, Michaël Delafosse, Philippe Martinez, Boris Vallaud, Kamel Chibli, Claire Fita, ou Jean Pisani-Ferry, bientôt rejoints par Bernard Cazeneuve.

« Ma ligne politique c’est l’écologie, ma ligne stratégique c’est l’anti-fascisme » attaque d’emblée Marine Tondelier, qui déplora dans la foule que « l’on passe notre temps, à gauche, à se critiquer les uns les autres ». Raphaël Glucksmann qualifia l’événement de moment « le plus stimulant de l’année », pas moins, avant d’inviter la gauche à s’interroger : « Dans les partis de gauche et les votes pour les partis de gauche, combien d‘ouvriers, d’employés, de salariés du privé ? », estimant que les questions du travail et de l’identité devaient (re) devenir prioritaires dans les débats à gauche.

« Nous censurerons sans hésitation »

Olivier Faure rappela les grandes conquêtes de la gauche tout au long de l’histoire et, évoquant l’actualité la plus récente, assura : « Nous censurerons sans hésitation si Lecornu ne nous entend pas ». Ovation.

Gullaume Lacroix glissa lui pour la première fois LFI dans l’équation : « Nous ne sommes pas d’accord avec LFI et ce n’est pas grave. Ce qui aurait été grave, c‘est de faire croire que ces désaccords n’existaient pas ». Quant à Jérémy Bacchi, il alerta : « Le drame de la gauche, c’est que les gens qui rejettent le système libéral trouvent désormais une alternative chez ceux qui rendent ce système encore plus dur et libéral ».

Tous réunis autour de Carole Delga.
Tous réunis autour de Carole Delga.
MAXPPP – Nathalie Amen Vals

Le chapitre des élections municipales ouvert, les débatteurs surent rester encore en phase. Raphaël Glucksmann démontra l’efficacité des politiques de municipalités gérées par des majorités de gauche en rendant un vibrant hommage à l’action de Michaël Delafosse à Montpellier. Et chacun admit avec Olivier Faure que « tout est lié : un succès aux municipales enclenchera une dynamique positive pour la présidentielle ».

Par contre, le temps se couvrit un brin quand les stratégies à envisager pour l’élection présidentielle furent abordées. Marine Tondelier s’est ainsi fait huer lorsqu’elle a appelé à une primaire de la gauche pour 2027 y compris avec les Insoumis et Jean-Luc Mélenchon. Alors qu’Olivier Faure venait d’assurer : « Comment on gagne ? On le sait depuis Mitterrand : d’abord on rassemble son camp, après on élargit ».

La très délicate question de la primaire pour 2027

Et d’appeler, lui, à une primaire à gauche qui irait « de Ruffin à Glucksmann. Mélenchon ? Il sera de toute façon candidat ! ». Mais Raphaël Glucksmann rappela son credo. Soit, pas de primaire, surtout pas avec le n°1 de LFI : « Si on l’invite à une primaire avec Jean-Luc Mélenchon, ça veut dire qu’on imagine que s’il gagne on sera derrière lui. Moi je dis, non, non, non ; pas dans ce moment de l’histoire ». L’applaudimètre explosa, et fin des débats.

Et un long moment après leur clôture, seuls sur scène, face à face, Marine Tondelier et Raphaël Glucksmann, les deux belligérants du jour aux positions les plus éloignées au sujet de la primaire, discutaient encore. « Mais se parler, c’est le plus important » assurait finalement le leader de Place publique en s’éloignant. À Bram, la gauche hors LFI l’a fait. En affichant son unité. Et ses divergences.

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