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La mairie de Marseille, menée par l’élu de gauche Benoît Payan, accélère sa lutte contre l’influence du géant Airbnb dans la cité phocéenne. Quatre multipropriétaires, assignés par la municipalité pour non-respect de la réglementation sur les locations de courte durée, ont rendez-vous au tribunal, lundi 24 novembre. L’un des propriétaires attendus au tribunal a par exemple transformé un local – sous arrêté de péril – en Airbnb sans autorisation. À eux quatre, les accusés possèdent quarante appartements, dispersés dans huit immeubles.
Avec ses 12 800 résidences Airbnb – pour 877 000 habitants – fin 2024, Marseille est devenu un lieu de prédation idoine pour les propriétaires désireux de capitaliser sur ce marché. La mairie estime qu’environ 9 % de l’offre de locations immobilières totale est constituée de meublés de courte durée dans les 1er, 2e et 7e arrondissements, soit les quartiers les plus populaires chez les touristes.
Cinq millions de visiteurs chaque année
« Marseille est un cas particulier, résumait Victor Collet, sociologue, auteur de l’ouvrage Du taudis au Airbnb. Petite histoire des luttes urbaines à Marseille (Agone, 2024), auprès de l’Humanité. Avec 40 000 logements frappés d’insalubrité, on est passé de 4 000 annonces Airbnb en 2016, à presque 16 000 en 2022. » En parallèle, le total de locations de longue durée a chuté de 13 000 à moins de 3 000, entre 2019 et 2023.
Un phénomène qui s’étend aussi aux quartiers populaires, comme celui de la Plaine (5e arrondissement), alors que cinq millions de visiteurs se déplacent chaque année. Dans le même temps, des investisseurs achètent et réhabilitent des immeubles entiers pour en faire des meublés touristiques.
Ce procès symbolique permet donc de dénoncer l’impunité dont jouissent les multipropriétaires. Patrick Amico, l’adjoint au logement à la mairie de Marseille, annonçait ainsi à l’Humanité que « 6 000 annonces ne respectent pas la loi ». Les multipropriétaires concernés profitent notamment de n’avoir « pas de numéro d’enregistrements » ou multiplient les locations sans avoir « obtenu l’autorisation de changement d’usage ».
Or, toute résidence à Marseille doit être déclarée à la municipalité, tandis qu’un changement d’usage doit être compensé par la création d’un logement de même taille, dans le même secteur, réservé à la location de longue durée. Enfin, conformément à la loi de février 2025, un propriétaire ne pourra plus louer son bien que 90 jours par an – contre 120 auparavant -, à partir du 1er janvier 2026.
L’un des propriétaires poursuivis, Vincent Challier, n’a pourtant pas hésité à se vanter face à la caméra de Complément d’enquête (France 2), en s’exclamant : « C’est Marseille, bébé. » Ce dernier assumait être dans « l’illégalité complète » pour une location, située rue Thiers, de quatorze meublés de tourisme, rappelle Mediapart.
« On demande la peine maximale : 100 000 euros par appartement », a ajouté l’avocat de la ville, Jorge Mendes Constante, auprès du média d’investigation. Les quatre propriétaires pourraient écoper d’une amende dépassant, au total, le million d’euros pour certains. Enfin, si la mairie a renforcé sa brigade de contrôle et multiplié les amendes record et opérations de démontage de boîtes à clé – qui permettent aux locataires d’entrer dans les appartements en toute autonomie – dans l’espace public, une autre bataille à mener reste celle des loyers.
La ville de Marseille ne possède pas d’encadrement des loyers, laissant libre cours à une explosion des prix. Par exemple dans le 1er arrondissement, où les loyers ont connu une hausse de 25 % en cinq ans. La guerre contre les locations de courte durée, concentrées dans les mains de quelques propriétaires, est donc loin d’être finie.
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