Municipales 2026 : à Bourg-en-Bresse, « Les Républicains » se rangent derrière le candidat Reconquête

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Éric Zemmour en rêve, Laurent Wauquiez l’envisage, Jordan Bardella y pense, et c’est peut-être au niveau local que va se débloquer l’« union des droites ». Si ces alliances électorales entre la droite LR et son extrême, souvent entre deux tours, ont eu lieu depuis le choc de Dreux, en 1983, la coalition formée cette semaine à Bourg-en-Bresse (Ain) est inédite.

Un accord électoral rarissime pour une ville de cette ampleur (45 000 habitants) et mené par l’extrême droite. Benoît de Boysson, membre du conseil national de Reconquête et candidat zemmouriste aux législatives de 2022, a annoncé lundi 3 novembre qu’il serait en tête de la liste « Bourg Ambition » soutenue par des figures de la droite locale. Les élus d’opposition Pierre Lurin – également vice-président du conseil départemental – et Marie-Jo Bardet, ainsi que Jacques Frénéat, militant du mouvement Nouvelle Énergie de David Lisnard.

« Si LR ne condamne pas, c’est qu’il soutient »

L’adepte de la théorie raciste du « grand remplacement » a de quoi fanfaronner : « Union des droites : nous ouvrons la voie ! » a lâché Benoît de Boysson sur X. Ce que Pierre Lurin a tenté de relativiser : « Pour moi comme pour toute l’équipe, c’est plutôt la droite unie que l’union des droites. » « L’hypocrisie s’ajoute à la compromission, réagit le maire socialiste Jean-François Debat. C’est une dérive absolue et un choix assumé de suivre l’extrême droite de la part de cette droite qui, il y a quelques semaines, a refusé de s’allier avec le parti Horizons d’Édouard Philippe. »

Officiellement, « Les Républicains » ne sont pas impliqués dans cette alliance mais restent muets depuis lundi. Plusieurs cadres de LR contactés n’ont pas donné suite à nos sollicitations. Le responsable des élections municipales, Jean-François Dejean, s’est contenté de préciser que « la commission nationale d’investiture n’a pas apporté son soutien à cette liste » mais ne la condamne pas.

Le député LR de l’Ain Xavier Breton, qui a profité en 2024 du désistement du candidat PS pour résister à l’extrême droite, est lui aussi silencieux. « S’il ne condamne pas, ce serait un gros bras d’honneur adressé à ces électeurs de gauche qui ont permis son élection, sanctionne Jean-François Debat. De manière plus générale, si LR ne condamne pas, c’est qu’il soutient. »

Ce silence généralisé peut s’expliquer par les divisions internes qui secouent LR sur le sujet. Mardi matin, un conseil stratégique de LR s’est ainsi tenu sur l’option d’une primaire pour désigner un candidat à l’élection présidentielle de 2027. Un groupe de travail a été lancé mais la question du périmètre de cette possible primaire est loin d’être tranchée.

Le maire de Cannes, David Lisnard, plaide pour qu’elle soit ouverte aux candidats allant « de l’UDI à Sarah Knafo », l’eurodéputée Reconquête. Le président du groupe LR à l’Assemblée Laurent Wauquiez veut inclure les macronistes en allant « de Gérald Darmanin à Sarah Knafo ». Michel Barnier et Jean-François Copé proposent aussi cette ouverture aux partis présidentiels mais veulent en exclure l’extrême droite.

Les ciottistes, un pont entre LR et le RN

À Bourg-en-Bresse comme pour le bureau de LR, le Rassemblement national n’entre pas – encore – dans l’équation. Et pour cause : intégrer Marine Le Pen ou Jordan Bardella dans cette possible primaire reviendrait à leur faire allégeance, tant leurs chances de victoires seraient grandes dans un tel scrutin.

Mais la question d’une future alliance reste pertinente, surtout depuis que Jordan Bardella s’est dit « largement disposé », le 9 octobre, à conclure « un accord de gouvernement » avec LR dans l’hypothèse d’une majorité relative de l’extrême droite à l’issue de législatives anticipées.

Pour ces municipales, des fusions, voire des listes communes incluant RN et LR sont également sur la table, avec le plus souvent le parti d’Éric Ciotti, UDR, comme pont entre les deux partis. À Saint-Laurent-du-Var (Alpes-Maritimes), Gilles Allari, passé de LR à UDR promet de monter une liste incluant des candidats RN. Même projet annoncé à Salbris (Cher) sous la houlette de l’UDR Alexandre Avril, protégé du milliardaire Pierre-Édouard Stérin.

Tandis qu’à Marseille, le RN Franck Allisio a convaincu le président LR de l’office HLM de la métropole, Patrick Pappalardo. Les débauchages par le Rassemblement national d’élus de droite pourraient ainsi se multiplier d’ici à mars 2026, comme en 2020 dans les majorités RN de Fréjus (Var) et Perpignan (Pyrénées-Orientales).

« Dans l’Ain, les LR sont encore dominants, avec quasiment tous les cantons et de nombreuses communes, observe Jean-François Debat. Je pense qu’une partie des élus se dit que si s’allier avec l’extrême droite est le prix à payer pour rester dominants, il faut le faire. » Un constat qui pourrait bientôt s’étendre au niveau national.

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