Pédocriminalité dans l’Église : pourquoi les diocèses de Dijon et Rabat sont mis en cause par un collectif de soutien à des victimes du père Yves Grosjean

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Alors que le père Yves Grosjean a été mis en examen et incarcéré pour « agressions sexuelles aggravées » le 30 mai 2025, le rôle de l’Église est de nouveau questionné. Dans une lettre ouverte diffusée notamment par l’Agence France-Presse ce lundi 29 septembre, les agissements de responsables ecclésiastiques sont questionnés par La parole accueillie.

Composé de familles de victimes de l’ancien prêtre des paroisses de Sombernon, Bligny-sur-Ouche et Arnay-le-Duc dans le diocèse de Dijon, le collectif explique rendre sa lettre publique après avoir écrit cet été à plusieurs évêques qui ont eu à gérer le dossier d’Yves Grosjean, dans différents diocèses, sans obtenir de réponses. « Nous regrettons de devoir rendre publique cette lettre ouverte, mais nous savons désormais qu’il n’est d’autre moyen que de prendre à témoin l’opinion pour obtenir des réponses », écrivent les auteurs.

Depuis son incarcération, seize victimes présumées de ce prêtre de 69 ans ont été recensées par le collectif. Le mis en cause a pour l’instant reconnu quatre agressions sexuelles sur mineurs.

La lettre demande si des actions ont été mises en place pour éviter le contact avec des jeunes

Selon les mots du collectif, le père Yves Grosjean est « exfiltré » en 2017 au Maroc, à Rabat à la suite d’une première plainte, depuis classée sans suite. Rappelons que le prêtre est ensuite rentré en France en 2024, après de nouvelles accusations au Maroc cette fois.

En novembre 2024, le père est interdit « de tout ministère auprès de mineurs », selon le diocèse de Dijon, à la suite d’une plainte qui a conduit, en mai dernier, à sa mise en examen à Dijon pour « agressions sexuelles aggravées » et à son incarcération. La plainte émane d’un jeune homme pour des faits remontant à 2010. Depuis, trois autres plaintesont été déposées, mais le nombre de victimes pourrait être bien plus important, estime le collectif, qui tente donc de retrouver les jeunes qui ont pu être en contact avec le prêtre, à Rabat et Dijon.

La lettre ouverte diffusée ce lundi a été envoyée à plusieurs responsables ecclésiastiques, mais certaines questions spécifiques sont adressées aux archevêques de Dijon, Antoine Hérouard, et de Rabat, Cristobal Lopez Romero. Les auteurs s’interrogent si des actions ont été « mises en place pour éviter le contact avec des jeunes à Rabat ? », ainsi que dans la région de Dijon dès 2024. La lettre demande également si des « signalements » ont été faits à Rabat et si les antécédents du prêtre ont été communiqués à Rome et à la Commission Christnacht chargée d’expertiser la pédocriminalité au sein de l’institution.

« Je suis tout à fait ouvert à l’idée de recevoir des personnes qui se disent victimes, et je fais confiance à la justice pénale et canonique. Je ne souhaite donc pas rentrer dans un engrenage en répondant à cette lettre ouverte », a répondu l’archevêque de Dijon Antoine Hérouard, selon le quotidien régional français diffusé en Côte-d’Or, Le Bien public. « Concernant les faits qui sont reprochés au père Grosjean, je ne dis pas qu’il n’y a pas eu d’autres victimes, mais aucune ne s’est, à ce jour, rapprochée du diocèse », poursuit-il.

De son côté, le collectif réclame également « la liste de tous les accompagnements » faits par le père « en présence de jeunes ». L’association s’interroge de plus sur « l’attitude et la réponse des autorités ecclésiastiques face aux comportements réitérés de ce prêtre ». Et d’assurer : « Ces questions ne relèvent pour les victimes ni d’une curiosité déplacée ni d’une attitude inquisitoriale : elles sont le moins qu’elles puissent attendre de responsables d’Église qui ont échoué à les protéger ».

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