[ad_1]
Désormais, elles sont cinq ! Cinq femmes qui n’hésitent pas à se revendiquer « féministes » et à le dire ensemble, dans une tribune récente accusant le projet de budget de « sexisme ». La moitié des syndicats français – CGT, CFDT, FSU, Solidaires – sont, au plan national, dirigés aujourd’hui par des femmes1. Un épiphénomène ? Plutôt le reflet d’une longue évolution historique qui a vu les femmes d’abord conquérir leur droit au travail dans la sphère salariée, y faire leur place, puis s’y sentir suffisamment légitimes pour s’autoriser à revendiquer, se syndiquer et acquérir des responsabilités.
Une évolution qui a aussi conduit leurs camarades masculins (pas tous hélas !) à cesser de les considérer comme subalternes et admettre qu’elles sont leurs égales dans le travail, dans la vie, dans le syndicalisme. Égales au point de pouvoir exercer la fonction de numéro un de leur organisation, au point d’être ressenties, par eux, comme représentant aussi les hommes du syndicat, ce qui, dans une société marquée par le patriarcat, reste le plus difficile.
Une prétendue nature féminine n’existe pas plus que son pendant masculin.
En effet, si nul ne conteste la capacité des hommes à représenter la totalité des personnes et à parler en leur nom, c’est loin d’être admis lorsqu’il s’agit d’une femme, car cela renverse la hiérarchie entre les genres sur laquelle repose la culture millénaire dans laquelle nous baignons depuis notre petite enfance. Saluons donc l’effort considérable réalisé tant par les militantes élues que par les militants qui les élisent et travaillent sous leur conduite. Félicitons ces derniers de ne pas céder aux thèses réactionnaires masculinistes en plein essor.
Le 18 septembre a donc été organisé par une intersyndicale à parité. Cela joue-t-il un rôle dans le fait que l’unité soit possible ? Évidemment non ! L’intersyndicale a organisé des mobilisations unitaires alors que les organisations qui la composent étaient principalement dirigées par des hommes, en 2023, par exemple, pour ne pas remonter plus loin en arrière. Ne raisonnons donc pas en termes d’« essentialisation ». Une prétendue nature féminine, autrement appelée l’éternel féminin, n’existe pas plus que son pendant masculin. Dans l’intersyndicale, dirigeantes et dirigeants se comportent en fonction de valeurs, de conscience politiques et syndicales et de stratégies liées à l’organisation qu’ils ou elles représentent.
Pourquoi alors s’intéresser à cette parité ? Précisément parce qu’elle confirme dans la pratique ce qui pouvait n’être que théorique jusque-là : les femmes peuvent aussi bien diriger une organisation syndicale qu’un homme et être admises à le faire par un collectif syndical mixte. C’est un apport essentiel pour bousculer les stéréotypes inégalitaires. Que cette parité soit passée quasiment inaperçue est donc une bonne nouvelle pour les progrès de l’égalité.
C’est aussi, même si ce n’était pas son objectif, une autre des grandes réussites de la mobilisation du 18 septembre. Tant mieux que, sur ce terrain-là, aussi, le syndicalisme se montre aujourd’hui locomotive. Le féminisme n’est pas une affaire de femmes. C’est une vision de la transformation de la société et des rapports sociaux et de genre qui la traversent. C’est une question de conscience et de visée politiques qui nous concerne donc tous et toutes. Débattons-en ensemble et agissons résolument.
Aux côtés de celles et ceux qui luttent !
L’urgence sociale, c’est chaque jour la priorité de l’Humanité.
En exposant la violence patronale.
En montrant ce que vivent celles et ceux qui travaillent et ceux qui aspirent à le faire.
En donnant des clés de compréhension et des outils aux salarié.es pour se défendre contre les politiques ultralibérales qui dégradent leur qualité de vie.
Vous connaissez d’autres médias qui font ça ? Je veux en savoir plus !
[ad_2]
Source link

