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Aucune donnée gouvernementale n’existe sur le nombre de jeunes étrangers en quête de reconnaissance de leur minorité. Un impensé à l’échelle de l’État qui s’inscrit dans un processus d’invisibilisation et de racisme, dont la répression policière du Collectif des jeunes du parc de Belleville en mars 2025 – à la suite de l’occupation de la Gaîté lyrique pendant trois mois – est un exemple.
La Coordination nationale jeunes exilés en danger (CNJED), alliance d’une centaine d’associations, a de nouveau rempli cette tâche de recension avec leur rapport annuel. Publié jeudi 25 septembre, ce dernier dévoile une estimation de 3 273 jeunes étrangers en recours pour faire reconnaître leur minorité en France, dont 1 087 vivent à la rue, dans des squats ou dans des campements.
« L’extrême précarité dans laquelle ces adolescents sont laissés »
L’enquête, menée en juin 2025, est le résultat de données collectées auprès de 79 départements, à la suite de questionnaires et d’entretiens téléphoniques. « Cette situation concerne plus d’un tiers des mineurs en recours recensés cette année, résume la CNJED. Elle montre l’extrême précarité dans laquelle ces adolescents sont laissés, malgré les alertes répétées d’institutions nationales et internationales. »
Pour rappel, un mineur non accompagné (MNA) est un enfant âgé de moins de 18 ans, de nationalité étrangère et arrivé sur le territoire français sans être accompagné par l’un ou l’autre des titulaires de l’autorité parentale ou par un représentant légal. Ces jeunes se concentrent essentiellement dans les métropoles, puisque 79,5 % d’entre eux ont été recensés dans six grandes villes : Paris, Lyon, Marseille, Nantes, Lille, Toulouse.
« Ces jeunes devraient se voir accorder la présomption de minorité et continuer à bénéficier des services de protection le temps que leur recours soit examiné », fustige Angelo Fiore, un responsable de la CNJED. Plusieurs instances, comme le Comité des droits de l’enfant des Nations unies ou encore le Défenseur des droits, ont rendu des avis dans ce sens.
Parmi les jeunes comptabilisés, 2 918 d’entre eux sont des garçons (89,15 %) et 355 des filles (10,85 %). La part de filles a presque doublé en un an, passant de 5,98 % en 2024 (208 jeunes) à 10,85 % en 2025 (355 jeunes), tandis que celle de jeunes garçons est en baisse, passant de 3 269 en 2024 à 2 918 en 2025.
Des conditions de vie alarmantes
Pour le collectif, « les conditions de vie de ces mineurs qui attendent de voir un juge des enfants ou une cour d’appel » demeurent « alarmantes ». Selon ses membres, hormis les 1 087 jeunes qui vivent à la rue, « 939 sont hébergés temporairement par la société civile, 170 sont dans des dispositifs d’urgence pour adultes fournis après appel au 115 et 989 dans des dispositifs d’urgence dédiés aux mineurs non accompagnés ».
« Pour la plupart des jeunes, le passage à la rue, parfois durant plusieurs mois, demeure la norme avant d’accéder à une protection, même temporaire », alors qu’une « majorité sont finalement reconnus par la justice comme des enfants », dénoncent les associations. Or, les départements sont légalement tenus de mettre à l’abri les mineurs étrangers non accompagnés – obligation non tenue sous prétexte de subir des « coûts exorbitants ».
En moyenne, le taux de reconnaissance de leur minorité, après recours, « s’élève à 60 %, avec de fortes disparités suivant les départements de 3 % à 100 % », rapporte l’enquête de la CNJED.
Invisibilisation globale
Face à cette désertion des autorités, des associations et des collectifs non mandatés s’organisent. Ainsi, 939 mineurs recensés sont hébergés par des citoyens qui leur offrent un refuge temporaire. Ils peuvent échapper, pour une période limitée, à la faim et au manque chronique de soins, s’inscrire à l’école, mais aussi être accompagnés dans leurs démarches administratives.
« Bien que ces solutions soient souvent fragiles et précaires, et qu’il ne devrait pas revenir aux citoyens d’assurer seuls cette protection, leur rôle est aujourd’hui crucial et doit être salué », ajoute la CNJED. L’alliance d’associations pointe plus largement le caractère global de cette invisibilisation.
Leur rapport cite notamment l’enquête menée par le collectif de journalistes Lost in Europe en avril 2024, qui révèle qu’au moins 51 433 enfants et jeunes réfugiés non accompagnés, auparavant pris en charge par un État, ont disparu à travers l’Europe entre 2021 et 2023.
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