[ad_1]
Un avocat de la défense peut-il impunément qualifier de « menteuses » et d’ « hystériques » les plaignantes auxquelles il s’oppose lors d’une audience ? À cette question, la justice avait déjà répondu non, au printemps dernier, à l’issue du procès intenté à Gérard Depardieu pour agressions sexuelles sur le tournage du film Les Volets verts, en 2021.
Considérant que les victimes avaient été « exposées à une dureté excessive des débats à leur encontre », la 10e chambre du tribunal de Paris avait condamné l’acteur à verser 1 000 euros à ses deux victimes au titre de la « victimisation secondaire » engendrée par l’attitude de son conseil. Dans ce dossier, Gérard Depardieu avait été reconnu coupable et condamné à 18 mois de prison avec sursis, une décision pour laquelle il a fait appel.
« Manquements à la délicatesse, la probité, la modération et à la dignité »
Maintes fois visée par le conseil de l’acteur, Me Jérémie Assous, lors de cette audience, mais aussi dans les médias, l’actrice Charlotte Arnould, qui accuse Gérard Depardieu de viols, a annoncé à l’AFP, mercredi 17 septembre, avoir déposé plainte auprès de l’Ordre des avocats contre l’avocat pour « manquements à la délicatesse, la probité, la modération et à la dignité ».
« Depuis un an, il n’a cessé dans les médias de mentir à mon sujet, de déformer, d’étaler ma vie privée en brisant le secret de l’instruction », justifie-t-elle, fustigeant aussi son attitude lors de l’audience des Volets verts, dans lequel elle n’était pas partie prenante. « Il a plaidé sur moi plus longtemps que sur l’une des deux plaignantes (…) durant presque 20 minutes, 20 minutes d’acharnement », explique l’actrice qui avait été qualifiée de « menteuse » par Me Assous.
Dans cette procédure, une juge d’instruction a ordonné le 3 septembre le renvoi devant la cour criminelle départementale de Paris de Gérard Depardieu, 76 ans, pour viols. Me Jérémie Assous avait alors annoncé dans la foulée qu’il allait faire appel de ce renvoi. Avocate de l’une des plaignantes du procès des Volets Verts et de Charlotte Arnould, Me Carine Durrieu Diebolt a également déposé une plainte devant l’Ordre des avocats « pour manquements aux principes de modération, délicatesse, probité, loyauté et sexisme ».
Les « droits de la défense » largement outrepassés
« Les représentants du bâtonnier ainsi que la présidente Isabelle Prévost-Desprez (responsable du pôle pénal du tribunal judiciaire de Paris, qui venait tous les jours à l’audience et avec qui j’échangeais régulièrement) ont considéré que je respectais l’ensemble des règles déontologiques et légales », s’est défendu auprès de l’AFP Me Assous.
Ce type de plainte déposée devant l’Ordre des avocats doit d’abord être examinée pour voir si elle est recevable. Une enquête peut s’ouvrir le cas échéant avant de la classer ou d’ouvrir éventuellement une procédure disciplinaire, pouvant aller de l’avertissement au blâme, à la suspension, voire à la radiation.
Au moment du procès des Volets verts, près de 200 avocats avaient par ailleurs appelé la justice, dans une tribune au Monde, à ne pas laisser la place au sexisme en audience, dénonçant de nombreuses attaques de l’avocat de l’acteur contre les plaignantes et leurs conseils. « La défense (…) s’en est donné à cœur joie en matière de sexisme et de misogynie, allant bien au-delà de ce qu’il est convenu d’appeler, même de manière extrêmement large, « les droits de la défense », avait dénoncé ce texte.
Oui, on s’en doute : vous en avez assez
Voir ces messages d’appel au don, ça peut être pénible. Nous le savons. Et on doit bien vous avouer que nous préférerions ne pas avoir à les écrire…
Mais voilà : c’est crucial pour l’Humanité. Si ce titre existe toujours aujourd’hui, c’est grâce au financement régulier de nos lectrices et lecteurs.
C’est grâce à votre soutien que nous pouvons exercer notre métier avec passion. Nous ne dépendons ni des intérêts d’un propriétaire milliardaire, ni de pressions politiques : personne ne nous dicte ce que nous devons dire ou taire.
Votre engagement nous libère aussi de la course aux clics et à l’audience. Plutôt que de chercher à capter l’attention à tout prix, nous choisissons de traiter les sujets que notre rédaction juge essentiels : parce qu’ils méritent d’être lus, compris, partagés. Parce que nous estimons qu’ils vous seront utiles
À l’heure actuelle, moins d’un quart des lectrices et lecteurs qui viennent plus de 3 fois sur le site par semaine nous aident à financer notre travail, par leur abonnement ou par leurs dons. Si vous voulez protéger le journalisme indépendant, s’il vous plaît, rejoignez-les.
[ad_2]
Source link

