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La plainte d’un ouvrier chinois passé à tabac par son patron parce qu’il réclamait le paiement de ses arriérés de salaires a entraîné, en mai 2025, la mise en place d’une enquête en Italie. La personne à l’origine de ces poursuites judiciaires confectionnait des articles de la maison de mode italienne Loro Piana, propriété du géant du luxe français LVMH.
Selon les éléments retrouvés sur place par les enquêteurs, les vestes en cachemire de Loro Piana auraient été réalisées « pour près d’une centaine d’euros » la pièce, pour finalement être revendues dans les boutiques de la marque « entre 1 000 et 3 000 euros », détaille le site spécialisé Fashion Network.
Deux mois après cette action en justice, l’entreprise est épinglée pour avoir laissé ses sous-traitants exploiter des ouvriers chinois. Selon le verdict du tribunal de Milan dont l’Agence France-Presse a obtenu une copie lundi 14 juillet, la maison de mode a été placée sous « administration judiciaire » en Italie. Cette mesure, d’une durée d’un an, a un objectif « plutôt de prévention que de répression », détaille la même source.
« Réduire les coûts » et « maximiser les profits »
Sans surprise, Loro Piana allègue ne pas avoir été au courant des activités de son sous-traitant. Elle affirme que, lorsque la société a été informée, le 20 mai dernier, « elle a interrompu tout rapport avec le fournisseur concerné en moins de 24 heures », selon un communiqué parvenu lundi soir à l’AFP. « Loro Piana condamne fermement toute pratique illégale et réitère son engagement continu dans la protection des droits humains », selon la même source.
Loro Piana est toutefois accusée de « ne pas avoir mis en place les mesures adéquates pour vérifier les conditions réelles de travail (…) des sociétés sous-traitantes » par les juges. La direction de la société a « facilité par négligence » l’exploitation de main-d’œuvre chez des sous-traitants, estime la justice italienne, selon laquelle cette problématique est liée à une « carence généralisée de modèles d’organisations et d’un système d’audit interne défaillant ».
De leur côté, les enquêteurs avaient estimé que la négligence de l’entreprise en termes de contrôles adéquats et d’audits efficaces, avait permis de « réduire les coûts et (de) maximiser les profits ». De ce fait, la maison de luxe aurait confié la confection de vêtements à une société dépourvue de toute capacité productive, laquelle recourait elle-même à une autre société, qui à son tour faisait appel à des ateliers employant des ouvriers chinois en Italie.
Des ouvriers étaient logés dans des « dortoirs construits abusivement »
Mais ce n’est pas tout. Les ouvriers en situation irrégulière ont été exploités en Italie sans respecter la législation sur la santé et la sécurité sur le lieu de travail, notamment pour « les salaires, les horaires de travail, les pauses et les vacances », ont également relevé les enquêteurs. Les carabiniers – gendarmes en Italie – ont constaté que des ouvriers étaient logés dans des « dortoirs construits abusivement et dans des conditions hygiéniques et sanitaires en dessous du minimum éthique ».
Cette action en justice met toutefois en danger sept ouvriers dépourvus de titres de séjours, qui ont été renvoyés devant les tribunaux. Par ailleurs, deux ressortissants chinois propriétaires d’ateliers ont été déférés devant la justice pour exploitation de main-d’œuvre, ainsi que deux Italiens pour violations des normes sur la santé et la sécurité sur le lieu de travail. Des amendes d’un montant total de plus de 181 000 euros et des sanctions administratives de près de 60 000 euros ont aussi été infligées. Les activités de deux ateliers chinois ont en outre été suspendues « pour violations graves en matière de sécurité et recours au travail au noir ».
La marque de luxe Dior, appartenant également à LVMH, avait été condamnée, en mai 2025, à verser deux millions d’euros d’aide aux « victimes d’exploitation » dans le cadre d’une enquête sur les conditions de travail de ses sous-traitants par l’autorité italienne de la concurrence, qui avait toutefois exclu toute « infraction ».
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